Top

C’est quoi un militant des droits de l’homme ?

le 6 mai 2012 à 0:21 

La question des droits de l’homme a revêtu, durant ces dernières années, un caractère assez particulier. Avant on savait de quoi il s’agissait et quel était le profil des victimes. Et puis c’est devenu plus compliqué, quand les principaux ennemis des peuples se sont mis à désigner, unilatéralement, les candidats à ces droits.

Selon la secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Hillary Clinton, ils sont «essentiels dans tous les pays» (elle ne pouvait dire moins), en précisant que «les cas individuels et les situations spécifiques» seront abordés «chaque fois que c’est nécessaire» (discrétion des maîtres oblige).

L’Union européenne, quant à elle, a mis en place son «Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’Homme», en vue d’apporter «son aide aux défenseurs des droits de l’Homme, contre la répression et l’arbitraire, particulièrement en cas de situations d’urgence» en cofinancement avec onze organisations labellisées et spécialisées en fonction d’une liste de cas de figure.

On a ainsi, «le défenseur des droits de l’Homme qui a besoin de protection», «l’avocat défenseur des droits de l’homme», «l’activiste syndical défenseur des droits de l’Homme», «le défenseur des droits de l’Homme en Afrique», «le défenseur des droits de l’Homme dans la région du Sud-est de la Méditerranée», «le défenseur des droits de l’Homme dans la région du Caucase», «le défenseur des droits de l’Homme en Asie centrale» et, enfin, «le défenseur des droits de l’Homme dans d’autres régions du globe».

Chaque catégorie renvoie aux coordonnées des ONG compétentes. Suivant ces offres de Madame Clinton ou l’UE on pourrait croire que les portes sont ouvertes aux centaines de millions de femmes et d’hommes qui subissent la misère, la pauvreté, le dénuement ou, tout simplement, l’oppression coloniale au moins.

De toute évidence, il n’en est rien. Par contre, régulièrement, on nous sort du panier des individus pour lesquels se mobilisent l’ONU, la Maison-Blanche, l’Union européenne, les médias et tout ce qui compte comme voix autorisées en matière de droits humains.

Pour preuve, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, vient d’exprimer sa préoccupation concernant le sort du «militant des droits de l’homme» chinois, Chen Guangcheng, qui, soit dit en passant, est inquiet de ne pas pouvoir «voir des responsables de l’ambassade des Etats-Unis». Inutile de se demander si un quidam, aussi opprimé fut-il, peut seulement avoir en tête de revendiquer une telle chose.

Pourtant, en ce qui concerne ce monsieur, la Maison-Blanche a actionné tout son appareil diplomatique. On reste, quand même, étonné qu’au moins quelques centaines de milliers de Chinois ne profitent pas de cette disposition pour solliciter pour eux aussi un traitement aussi attentionné. Chen Guangcheng n’étant qu’un exemple parmi d’autres, on cherchera en vain des Palestiniens qui auraient joui de la même sollicitude, pour être des victimes, bien plus évidentes, que le Chinois, d’exactions et de crimes contre l’Humanité.

Pour eux ce n’est «pas nécessaire», c’est ce que l’on doit comprendre, pas plus que cela ne l’est pour les victimes innombrables de la férocité d’un monde mû par la froide logique du profit et de la prédation impérialiste.

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom