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Mali : La junte militaire cèdera le pouvoir aux autorités civils

le 8 avril 2012 à 0:04 

Le plus difficile n’est assurément pas de parvenir au pouvoir mais de s’y maintenir. Le pouvoir putschiste du capitaine Amadou Sanogo l’a vérifié à ses dépens, lui, qui, vendredi soir, a plié sous la pression de la Cédéao et signé un accord-cadre prévoyant de céder la place à une autorité civile.

Bousculée par l’accélération des événements dans le pays et incapable d’exercer son autorité, la junte militaire qui a déposé le président Amadou Toumani Touré, le 22 mars dernier, ne s’est pas maintenue droite dans ses bottes. Vendredi soir, elle a dû accepter d’abandonner le pouvoir et de revenir à «l’ordre constitutionnel». Un ordre constitutionnel qui ne signifie nullement la réhabilitation du président Amadou Toumani Touré dans ses fonctions mais l’intronisation du président de l’Assemblée malienne, Dioncouda Traoré, comme président intérimaire.

Ce dernier, qui doit organiser une élection présidentielle dans un délai ne dépassant pas les 40 jours, sera assisté d’un Premier ministre et d’un gouvernement de transition, dit d’union nationale. En contrepartie, les putschistes devront bénéficier, selon les termes de l’accord-cadre, d’une loi d’amnistie. Les négociations de cet accord ont été menées, côté Cédéao, par le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibril Bassolé.

Ce retour à «l’ordre constitutionnel» aura pour conséquence première, la levée des sanctions économiques et financières que la Cédéao avait décidées au lendemain du coup d’Etat militaire. Cependant, il ne signe pas un retour à la normale, tant est que demeure la lancinante question de l’indépendance de l’Azawad proclamée vendredi matin par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Cédéao en guerre contre le MNLA ?

Le futur pouvoir intérimaire à Bamako devra nécessairement régler la question de l’Azawad, comme l’un des préalables à l’organisation de l’élection présidentielle. Pour ce faire, il ne rejetterait certainement pas une aide de la Cédéao. La communauté ouest-africaine, qui s’est prononcée contre la partition du Mali, serait tentée de passer à l’acte et mettre en marche sa force d’attente (FAC) forte de plus de 2 000 hommes. Ceci au cas où les chemins de la négociation s’avèrent obstrués. Dans sa déclaration d’indépendance de l’Azawad, le MNLA a souligné que sa résolution est «irrévocable».

Autrement dit, elle est non négociable. Aussi il y a fort risque que ce soit l’option militaire qui prévaudra. Dans un tel cas de figure, les forces d’attente de la Cédéao pourraient se retrouver à faire front commun avec les combattants de Ansar Eddine qui, vendredi, se sont déclarés contre l’indépendance de l’Azawad. Cette alliance, objective, s’il advient, ne sera pas vue d’un bon œil par nombre d’Etats qui n’ont de cesse de lutter contre les groupes terroristes islamistes.

De plus, une telle éventualité replacera le Mali dans la situation d’avant-coup d’Etat, où le pouvoir central de Bamako se montrait indulgent avec les groupes terroristes écumant le nord du pays. Le MNLA, en tout cas, accuse ouvertement le régime déchu d’Amadou Toumani Touré d’intelligence avec Aqmi et autres groupes salafistes extrémistes.

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