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Libye : Fin de mission pour l’OTAN

le 12 mars 2012 à 5:44 

Après avoir accompagné l’OTAN en Libye, sans répit, le Figaro fait mine de ne pas être dans le coup. Il s’interroge d’abord : «L’Otan avait-elle prévu un tel scénario ? On voudrait l’espérer».

Ensuite il donne des leçons : «Lorsqu’on s’engage à ‘’protéger les populations civiles’’, il vaut mieux le faire jusqu’au bout, et pas seulement jusqu’au bel instant médiatique de la chute d’un tyran». De quoi avoir l’envie de lui décerner la palme de la naïveté. Si ce journal et d’autres titres se mettent à s’ouvrir à la réalité libyenne c’est que l’horreur déborde. Les réseaux alternatifs nés contre la désinformation industrielle et le mensonge ont fini par gagner la bataille. Des ONG BCBG ont aussi été poussées à dire ce qu’elles voient et ce que vivent au quotidien des populations livrées par l’alliance atlantique aux hordes de «révolutionnaires».

Les Libyens, noirs de peau, en particulier, sont depuis le début en butte aux massacres et aux tortures. Il était question de mercenaires africains, il est question, désormais, d’une pure attitude raciste. On peut entendre les cris des bourreaux : «Chiens ! Esclaves !…» Les cages du zoo de Misrata servent de lieux de détention. Ce type de traitement concerne les berbères noirs de la tribu de Tawargha aussi bien que tous les noirs de Libye, comme ceux de Sebha, au Sud du pays. Au-dessus, le CNT au pouvoir de pure forme avoue ouvertement son impuissance. Il avoue, ce faisant, qu’il ne dirigeait rien durant la «révolution» et que les bandes armées n’obéissaient qu’à la dynamique des bombardiers de l’OTAN, dont ils cueillaient les «victoires». Mustapha Abdeljalil, toute honte bue, vient de déclarer à son alliée Al Jazeera qu’il n’avait aucun moyen de se faire obéir.

La veille, pourtant, il menaçait les sécessionnistes de Benghazi. Ce n’était que des rodomontades (espérant peut-être un secours de l’OTAN). Il aurait dû se douter que son service était terminé, mais il continue de croire à cette «élection» en tant que «seul et unique représentant du peuple libyen». Lorsque Barak Obama a maintenu le «gel» des avoirs il aurait dû se rendre compte que quelque chose lui échappait. Il aurait, encore, dû s’apercevoir que le silence des Etats-Unis sur la partition de l’Est avait une lourde signification. Elaguer la Tripolitaine et le Fezzan, au profit d’une Cyrénaïque moins déchirée et plus maîtrisable, accroît les chances d’aboutir à la constitution d’une entité dont la rentabilité sera supérieure à celle d’une Libye où l’homogénéité est loin de s’instaurer, entre Berbères de Nefoussa, tribus de Misrata ou de Zentan, tribus nationalistes vaincues (pro-Kaddafi et loyalistes), islamistes d’Al-Qaïda, divers groupes armés…

A l’Est presque rien de tout cela et, en prime, la plus grande part de ressources en hydrocarbures. La vérité est que, depuis le début, il ne se passe rien sous le soleil de Libye qui ne fasse partie du programme initial, celui d’accaparer des richesses convoitées. En attendant, il n’y a que le pouvoir tunisien qui s’inquiète et qui prend le risque de dénoncer la sécession qui compromet ses espoirs récents d’exporter ses chômeurs, comme prévu dans un protocole d’accord signé ces derniers jours.

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