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Libye : Après Kadhafi, où sont-ils ses promesses ?

le 15 avril 2012 à 6:21 

Parmi les promesses de la «révolution» en Libye, l’OTAN, l’ONU, la «communauté internationale», les «amis du peuple libyen» et un tas d’autres acteurs de l’opération «protecteur unifié», figure en tête des pronostics, la tenue des premières élections «libres», au plus tard, huit mois après la «victoire».

Bien peu de gens s’en rappellent, pour la simple et bonne raison que même les promoteurs de cette illusion n’en parlent plus. Chez les supplétifs du CNT on fait quand même semblant d’y travailler, même si, à deux mois de l’hypothétique scrutin, le découpage électoral est toujours «en cours» et fait l’objet de «nombreux contentieux». Les Libyens, eux, on ne les entend pas réclamer quoi que ce soit en ce sens. Ce qui peut autoriser de se demander s’il est encore utile de leur servir des élections, maintenant que le pays est en lambeaux.

On se souvient, après coup, que bien avant que les bombardiers viennent faire leur «révolution», Kadhafi avait proposé à l’ONU qu’elle les organise elle-même. L’ONU a refusé. C’était fortement contre-indiqué pour l’installation du CNT. Parce qu’un CNT cela ne souffre pas de passer par les urnes. Il est, par essence cette formule de néo pouvoir, destiné aux Arabes et assimilés, prescrit selon des règles très strictes où les peuples n’ont pas voix au chapitre, sauf pour montrer dans des vidéos floutées qu’ils sont d’accord pour être «démocratisés» selon ce rituel.

Derrière, dans la stratégie des CNT promus «représentatifs» des peuples, il est établi que plus rien ne bougera sous le soleil sans que cela soit encadré, embrigadé, dirigé vers ce que le «Monde libre» jugera que cela lui profitera. Les indépendances étant passées par-là, il n’est pas question de les laisser transmuer vers leur parachèvement. Il faut que, à tout prix, on fasse croire qu’elles ont échoué en prétextant leur incapacité à instaurer la «démocratie», quand les peuples dénoncent les affres du sous-développement et les rapports léonins de pillage de leurs ressources par les ex-puissances coloniales, par l’intermédiaire de leurs relais locaux.

En clair, il ne doit pas émerger d’expression contre le système responsable du ressentiment et de la révolte et contre la pompe à profit. Il ne doit s’agir que de «liberté» de «démocratie», assorties du principe que sera à la «liberté d’entreprise» et à l’amélioration du «climat des affaires» qu’il sera fait référence. Alors, des élections, aujourd’hui, en Libye pour quoi faire ? Puisque tous les obstacles dressés autour de la seule ressource, le pétrole, ont été levés. D’autant que des élections vont ouvrir les vannes au débat sur les réalités de l’après-Kadhafi.

Sera-t-il possible, de proposer à qui que ce soit, même aux «révolutionnaires» qu’ils doivent en échange de la «démocratie» renoncer à tous les bienfaits de l’Etat providence et de se résoudre à abandonner la sécurité du revenu au profit des lois du marché et de l’échange rémunéré ?

Il est sûr que ce sera une position impossible à défendre. Car les pires opposants au pouvoir déchu n’ont pas imaginé un instant perdre le bénéfice des richesses nationales. C’est ce que redoute d’affronter, un jour, les «libérateurs». Donc, tant que le chaos et la guerre tribale et clanique dureront ils pourront tranquillement réaliser leurs petites affaires, à l’abri d’une insurrection unifiée contre leur parjure. Mais il y a des signes qui doivent les inquiéter. Des attaques armées ont été menées contre l’ONU et contre le CNT.

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