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Plan de sauvetage : L’union Européenne sauve le soldat grec

le 22 février 2012 à 9:59 

Il faut sauver le soldat grec, et, surtout le soldat européen. Après des tractations qui ont duré plusieurs heures, les ministres des finances des pays de la zone euro sont parvenus, dans la nuit, de lundi à mardi, à s’entendre sur un nouveau plan de sauvetage, sans précédent, de la Grèce : 237 milliards d’euros.

L’Union européenne veut éviter la faillite d’un pays aux abois, et dont les retombées imprévisibles peuvent s’avérer fatals pour tout le Vieux continent. L’accord «de la dernière chance» comprend un volet d’aide publique, des prêts à hauteur de 130 milliards d’euros, et porte sur un effacement de la dette (détenue par ses créanciers privés, banques et fonds d’investissement) d’une valeur de 107 milliards d’euros. Le FMI devrait y participer, mais en apportant une aide (moindre par rapport aux plans d’aide précédents) qui n’irait pas au-delà de 13 milliards d’euros.

Selon plusieurs experts, ce nouveau plan de sauvetage a pour but de réduire la dette du pays, évaluée à environ 350 milliards d’euros, «un record dans l’histoire économique mondiale, qui dépasse de loin la restructuration de la dette de l’Argentine». Ainsi, la Grèce devrait être en mesure de faire face à une échéance de remboursement de 14,5 milliards d’euros qui tombe le 20 mars et d’éviter ainsi le défaut de paiement. A condition toutefois que les banques répondent en nombre suffisant à l’appel. En contrepartie, le pays devrait s’acquitter de sa dette colossale au prix fort d’une austérité budgétaire «strangulatoire» estimée à 3,3 milliards d’euros pour cette année. Et qui a débouché sur de violentes manifestations publiques.

Athènes fera également l’objet d’une surveillance encore renforcée de la part de ses créanciers pour s’assurer qu’elle ne dévie pas des objectifs fixés. En signant le document, le gouvernement grec a rempli sa part du «contrat» en se pliant aux exigences de ses créanciers publics. Le Premier ministre grec, Lucas Papademos, s’est dit «très satisfait» d’avoir pu obtenir la promesse de l’Union européenne, en assurant que les réformes promises en contrepartie seraient réalisées avant et après les prochaines élections législatives anticipées prévues en avril. Il est vrai que les tractations ont été rendues difficiles par de nombreux pays qui doutaient, en dépit des promesses répétées, de la capacité de la Grèce à réaliser les réformes nécessaires à l’aune d’une échéance électorale ouverte à tous les scenario possibles.

Le gouvernement s’apprête d’ores et déjà à présenter un texte au Parlement créant une clause d’action collective qui permet de «parvenir» à un taux de participation suffisant des créanciers privés au plan d’effacement de dette. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exprimé sa satisfaction en indiquant que cet accord «ferme la porte au scénario d’un défaut de paiement, avec toutes ses graves conséquences sociales et économiques ». Idem pour le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, qui a salué le plan en insistant sur «sa mise en oeuvre qui doit être surveillée correctement».

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, parle lui d’une «occasion réelle de prendre un nouveau départ» pour la Grèce.

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