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Sondages présidentielle 2012 : La course à l’Elysée s’accélère

le 29 février 2012 à 5:41 

A moins de deux mois du premier tour de l’élection présidentielle 2012, le rythme s’accélère et les esprits s’échauffent, notamment pour les deux candidats François Hollande et Nicolas Sarkozy portés par les sondages en tête des intentions de vote des Français. Du côté du président candidat, un seul objectif : récupérer des points gagnés par Hollande et réduire l’écart qui le sépare encore du candidat socialiste.

Pour ce faire, tout semble permis, y compris la manipulation des chiffres. L’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy après sa déclaration officielle de candidature le 15 février dernier et son activité plus qu’intense en déplacements, meeting, visites et interventions télévisuelles nombreuses, si elles ont permis à l’actuel président de gagner 2 points (selon IPSOS) sur son concurrent socialiste, sont loin, pour l’instant, de bouleverser considérablement la donne. Hollande est donné par cet institut, mais pas le seul institut en l’occurrence, comme au premier tour avec un écart de 4 points et demi et au deuxième tour le candidat socialiste l’emporterait sur l’actuel chef de l’Etat avec un écart considérable avec 58% contre 42% pour Nicolas Sarkozy.

Mais rien n’est encore fait et chacun des deux prétendants le sait. A droite, l’on s’est évertué, depuis de longue date, avant même que le candidat président ne fasse sa déclaration de candidature, à draguer les électeurs de la candidate du Front national qui montait en puissance dans les sondages.

Pour ce faire, l’on a même eu recours à des créations de trois courants à l’intérieur de l’UMP : la droite populaire dont les propositions et déclarations sont au plus proche du programme du FN et dont la cible première est l’immigration ; la droite sociale qui, contrairement à son intitulé, stigmatise à tout va «l’assistanat» et propose comme ligne la lutte contre la fraude et pour être plus précis contre celle des immigrés et enfin la droite dite «humaniste» et dont l’humanisme consiste à débattre «sans tabous» des sujets tels que l’euthanasie, l’homoparentalité, le financement des lieux de culte ou encore le vote des étrangers.

Ainsi, et aux côtés de conseillers du président tels que Patrick Buisson (ancien directeur du journal d’extrême droite Minute) ou l’autre conseiller Guillaume Peltier, ancien du FN, ces différents courants se sont lancés à bras le corps sur tous les sujets de prédilection de Marine le Pen, allant souvent plus encore dans l’extrême que la candidate du FN. L’on saura au premier tour si cette stratégie de droitisation toute de l’UMP et de son candidat a permis de siphonner des voix, mais d’ores et déjà l’on peut constater que l’ascension de Marine le Pen dans les sondages, très perceptible après sa déclaration de candidature, a quelque peu été érodée avec des intentions de vote en sa faveur aux alentours de 20% au début et qui tombent à17 % et plus bas encore dans les derniers sondages. Mais même là, la fille de son père garde malgré tout un fort potentiel électoral et peut créer la surprise.

Celui qui la créera aussi, mais de l’autre côté de l’échiquier, est sans aucun doute Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche, qui arrive dans les sondages à 9% d’intention de vote alors qu’il était parti parmi les derniers et qui ne se situerait plus très loin de François Bayrou (12%) et bien devant Eva Joly la candidate écolo (3%) et Dominique de Villepin (1%). C’est sur ce canevas des intentions de vote que le candidat socialiste est intervenu lundi soir sur TF1.

Plus que son programme portant sur 60 engagements qu’il a développé face à des citoyens et des journalistes présents sur le plateau, Hollande a surpris par deux nouvelles propositions : un taux d’imposition de 75% pour les revenus au-dessus d’un million d’euros par an, soit une plus forte taxation que celle qui figurait initialement sur son programme (tranche d’imposition de 45% pour les revenus de 150 000 euros par an) et la création d’une cotisation pour financer la dépendance en ayant recours à la solidarité par une contribution de tous à cet effort. Ainsi donc, il est apparu comme plus à gauche qu’il ne l’a été jusque-là et ce n’est certainement pas les électeurs du Front de gauche ou ceux de l’extrême gauche qui lui feront grief.

Pour François Hollande, le calcul des voix se fait déjà pour le deuxième tour par les reports de voix de gauche sur sa candidature, et ce, même si lors de toutes ses déclarations, il se refuse à considérer les sondages le donnant gagnant comme parole d’évangile. Quant au candidat président Sarkozy, il ne sait plus comment battre son concurrent Hollande et va jusqu’à la manipulation des chiffres. Dimanche dernier sur RTL, ironisant sur la proposition de Hollande de création de 60 000 postes de fonctionnaires dans l’éducation, et qualifiant cette proposition «de démagogie dans ce qu’elle a de plus extravaguant», il poursuit : «en dix ans , le nombre d’élèves a diminué d’un peu plus de 400 000 quand celui des enseignants augmentait de 45 000».

Or, les chiffres de son propre ministère de l’Education sont très loin de ce qu’a avancé le candidat président. Ce tour de passepasse n’a pas échappé aux commentateurs qui relèvent cette forfaiture alors que son staff explique que Sarkozy s’est simplement trompé, au lieu de dire vingt ans, sa langue a fourché. Sa crédibilité aussi, apparemment.

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