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Présidentielle 2012. Le financement de la campagne de 2007 à Nicolas Sarkozy

le 30 avril 2012 à 21:14 

Le financement supposé par la Libye de la campagne de 2007 du président sortant Nicolas Sarkozy s’est invité dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle en France, après les ’’révélations’’ du journal en ligne Médiapart qui jettent un pavé dans la marre à moins d’une semaine du scrutin décisif du 6 mai prochain.

A en croire le site d’investigation et d’information, Médiapart, le régime de Kadhafi a ‘’bien décidé de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007’’. Médiapart fait valoir, dans ce sens, un ‘’document officiel’’ libyen qui le prouverait, une note issue des archives des services secrets et qui serait rédigée il y a plus de cinq ans.

Selon Médiapart, d’anciens hauts responsables libyens, aujourd’hui dans la clandestinité, ont accepté de lui communiquer le document compromettant ‘’ces tout derniers jours’’.

Visiblement conforté par ces ‘’révélations’’, le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande a estimé que la Justice doit être saisie. ‘’C’est à la justice d’être saisie. Si c’est un faux (le document), le site sera condamné, si ce n’était pas un faux, à ce moment-là il y aurait des explications à fournir », a-t-il réagi.

Le président sortant, déjà dans une situation inconfortable au soir du premier tour de l’élection et se trouvant pour l’heure avec zéro ralliement contrairement à son rival, a annoncé lundi qu’il allait porter plainte « avant la fin de la campagne » contre Médiapart, qui l’accuse d’avoir empoché du régime libyen 50 millions d’euros pour financer sa campagne en 2007.

‘’Ceux qui mentent, ceux qui font des faux, doivent être condamnés par la justice’’, a-t-il dit, mettant en avant la mise en doute de l’authenticité dudit document par l’auteur supposé de la note, Moussa Koussa, l’ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, qui vit en exil à Doha, et qui aurait qualifié de faux ce document.

Le président sortant est allé jusqu’à qualifier Médiapart de site d’ »officine » de la gauche, s’attirant les foudres du candidat socialiste. « C’est un site d’investigation qui cherche ce qu’il peut trouver, composé de journalistes reconnus. Il accable parfois des personnalités de gauche », a assuré François Hollande.

« Ai-je besoin que les journaux sortent des affaires ? Chaque fois qu’il y a un scandale qui éclate, ce n’est jamais bon pour la démocratie et les partis de gouvernement », a-t-il ajouté.

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L’implication supposée de l’ancien régime libyen dans la campagne présidentiel en France en 2007 a polarisé les commentaires de plusieurs personnalités du Parti socialiste, dont Bernard Cazeneuve, un des porte-parole de François Hollande, qui a demandé à Nicolas Sarkozy de « s’expliquer devant les Français » face « à des éléments aussi graves ».

L’autre Porte-parole de François Hollande Delphine Batho, juge, de son côté, que « l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge indépendant s’imposaient ».

La candidate malheureuse en 2007, Ségolène Royal, a souligné, de son côté, la nécessité de faire « toute la clarté » sur l’affaire Médiapart-Libye-Sarkozy, car si elle « est réelle », cela signifie que le président sortant « a exercé son mandat de façon illégitime ».

En revanche, Pierre Moscovici, directeur de campagne du candidat socialiste, évoque « un document approximatif », jugeant toutefois que « pour le reste, s’agissant de la campagne de 2007, il y a d’autres interrogations qui peuvent donner lieu à des vraies procédures judiciaires ».

Pour sa part, le site d’information campe sur ses accusations, déclarant attendre ‘’avec sérénité’’ un éventuel procès.

‘’Médiapart maintient le sérieux et la fiabilité de ses informations, fruit de dix mois d’enquête sur les relations nouées depuis 2005 par le premier cercle de Nicolas Sarkozy avec le régime du colonel Kadhafi’’, a déclaré son directeur, Edwy Plenel, affirmant que la note a été adressée le 10 décembre 2006 à Bachir Saleh, ex-président du Fonds libyen des investissements africains et ex-directeur de cabinet de Kadhafi, qui se trouve aujourd’hui en France.

Ce n’est pas la première fois que l’affaire du financement supposé par la Libye de la campagne de Sarkozy est évoquée. Le clan Kadhafi avait porté les premières accusations en pleine guerre civile libyenne, alors qu’une coalition internationale s’apprêtait à effectuer de premières frappes aériennes. Seif al-Islam Kadhafi, l’un des fils de Mouammar Kadhafi, accusait Nicolas Sarkozy le 16 mars 2011 dans une interview accordée à Euronews.

Le président sortant n’avait pas réagi, laissant à son ministre de l’intérieur, le soin de s’en charger. « J’aurais tendance à dire que depuis le temps qu’ils le disent, qu’ils le fassent », avait-il assuré, avant de rappeler que les comptes de campagne du candidat UMP ont été examinés et validés par le Conseil constitutionnel et la commission des comptes de campagne.

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