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Eloge littéraire d’un terrorisme

le 1 septembre 2012 à 8:47 

Richard Millet, romancier, essayiste et éditeur, soulève la polémique en cette rentrée littéraire avec la sortie de son « Eloge littéraire d’Anders Breivik ».

Plusieurs auteurs et éditeurs font part de leur indignation contre cette apologie du terroriste norvégien, dont les attentats du 22 juillet 2011 faisaient un total de 77 morts et 151 blessés.

On peut dire que Richard Millet aura réussi à faire parler de lui en cette rentrée littéraire, avec son « Eloge littéraire d’Anders Breivik » (éd. Pierre-Guillaume de Roux). Cet écrivain et éditeur originaire de Corrèze, qui a reçu le Prix de l’essai de l’Académie française en 1994 pour le Sentiment de la langue, soulève de nombreuses réactions avec ses propos sur la soi-disant « perfection formelle » des attentats meurtriers d’Utoya.

Sur France Inter, Tahar Ben Jelloun, prix Goncourt 1987, parle de « provocation ridicule, inutile et dégueulasse », de déclarations « nauséabondes », et ajoute qu’il était « un peu habitué à son délire raciste, mais là il va beaucoup plus loin. La littérature ne doit pas se placer du côté des criminels et des salauds ».

Annie Ernaux, écrivaine et professeure de lettres, explique au Monde que ce texte représente « un acte politiquement dangereux ». Dans ce même journal, l’éditeur Jean-Marie parle de « dérive étrange et très inquiétante », et dit éprouver « un sentiment de désolation, de tristesse ». Sur France Culture, Laure Adler, auteure de plusieurs biographies, évoque la « dérive idéologique » de ces livres, « qui sont scandaleux sur le plan du respect des droits de l’Homme ».

Certains auteurs et éditeurs liés aux éditions Gallimard, maison dans laquelle Richard Millet effectue son activité d’éditeur, demandent à ce que Richard Millet quitte le groupe. Tahar Ben Jelloun déclare : « Ça me gène beaucoup qu’il soit là, il faut qu’il s’en aille. Ce n’est pas possible qu’on coexiste dans une maison qui a des valeurs, des principes. »

Ce texte court d’une quinzaine de pages crée ainsi la controverse et le malaise dans le milieu intellectuel. Gallimard refuse pour le moment de s’exprimer sur le sujet,  plusieurs auteurs ont clairement disqualifié l’ouvrage et son ambiguïté sur les valeurs morales, d’autres défendent la liberté d’expression, et certains journaux évoquent le « coup du pub » magistral dans « cette course à la transgression ».

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2 Réponses à “Eloge littéraire d’un terrorisme”

  1. Decrauze 2 septembre 2012 18:46

    En 2009, je finissais un texte intitulé « Capuches à découvert » par ces lignes : « la crise économique, claironnée par les médias qui fournissent ainsi un carburant indispensable pour l’entretenir et maximaliser ses effets, dissimule la crise réelle d’une part croissante de la population qui a perdu l’affectio nationis et s’en remet aux litanies d’intégristes, aux sermons mortifères qui inclinent à mettre au-dessus de tout son clan, son quartier, sa communauté. Faites vos jeux… rien ne va plus !  » Du Millet prématuré ?

  2. Decrauze 2 septembre 2012 00:41

    – Mon fauteuil pour un ligament –

    A chacun sa rentrée littéraire. La mienne se fait sans plan de communication, sans éditeur, mais avec la passion renouvelée de l’écriture, le goût forcené des mots, la jubilation pour les entrechocs sémantiques et phonétiques. Extrait, sur le même thème que Millet… le maudit ? « J’ai espéré une mise en orbite martienne de l’ensanglanteur syrien après le coup d’éclat d’Annan, mais rien à faire il parade toujours. Décevante prestation de l’ouragan Isaac qui, sans doute après avoir perdu son triple A, n’a pu catapulter les Bachar el-Assad et Anders Breivik loin de notre sphère bleutée. Alors on se garde le tout et en prime on libère l’épouse Dutroux. Le monde détourne décidément très bien l’humanisme pour le bal des salauds. »

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