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L’austérité, fossoyeur de culture

le 23 août 2012 à 11:30 

Sortie de la crise financière, rigueur imposée par les leaders européens, climat maussade dans l’Eurozone. Personne n’est épargné, pas même la culture. Avec la dépression qui sévit sur le vieux continent, les États européens sont contraints de revoir leurs budgets et couper dans leurs dépenses. L’inquiétude monte dans le monde culturel.

Fermeture de grands musées en pleine saison, collections bloquées au public, à Rome, le Palais Barberini – qui abrite entre autres l’une des plus grandes collections de la Renaissance – ferme ses portes. Motif ? « Manque de personnel. »

La rigueur imposée partout en Europe par l’Allemagne se fait ressentir dans les bassins touristiques culturels : Grèce, Italie, Espagne. La culture, cette cible facile lorsque les États n’ont plus d’argent pour maintenir en vie éducation et santé. Ces deux dernières années, le budget consacré à l’art à Rome a chuté de 35%, l’ancien puissant ministère de la Culture est désormais relégué au second rang, simple annexe du ministère de l’Éducation.

Au Portugal, le gouvernement souhaite fermer la fondation qui pilote la Casa das Historia – musée renommé de l’art moderne – en banlieue de Lisbonne. Le maire de la ville crie au scandale. « C’est un acte de sauvagerie, de la même teneur que la destruction des Bouddhas [de Bâmiyân] par les talibans. »

En Espagne, l’acteur Javier Bardem parle des coupes budgétaires dans le domaine culturel comme « la goutte d’eau ». Elles pourraient entraîner la suppression de quelques 60.000 emplois. « Cela va empêcher l’accès à la culture, ce qui est pour beaucoup l’un des rares moyens de s’échapper un peu de la crise. […] Cela représente un fardeau considérable pour le présent et l’avenir du pays » poursuit-t-il.

Enfin, les italiens reprochent à leur gouvernement des dommages culturels. Du refus d’entamer les rénovations vitales aux ruines de Pompéi jusqu’aux menaces de fermeture qui planent sur le MAXXI de Rome, ce musée d’art contemporain dessiné par la célèbre architecte Zaha Hadid et inauguré il y a seulement 2 ans, les perspectives culturelles inquiètent. Ces restrictions sont d’autant plus inquiétantes que la plus grande concentration mondiale de sites inscrits au patrimoine de l’UNESCO se trouve dans la botte italienne.

Un patrimoine qui revient désormais entre les mains de puissants mécènes, dans le domaine privé. Et certains de s’inquiéter que l’héritage romain puisse faire un jour l’objet d’une banale commercialisation, tel le Palais des Doges de Venise ou encore le Dôme de Milan qui se sont vus, costumés, de panneaux publicitaires ventant les bienfaits d’une boisson gazeuse ou d’une banque, celle-là même qui faisait plonger la culture il y a quelques années.

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