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« Smain » l’humoriste, toujours en quête de ses racines algériennes

le 27 janvier 2012 à 18:04 

L’humoriste Smain, qui présentait jeudi à Paris son dernier ouvrage autobiographique, dit se battre encore et toujours pour vivre en harmonie avec sa double identité française et algérienne, dans une quête effrénée de ses racines algériennes, lui qui sut, dès l’âge de 12 ans, qu’il était un enfant adoptif de confession musulmane.

Evoquant sa filiation « perdue », il se rappelle ce « coup de théâtre » qu’il a vécu lorsque sa maîtresse d’école le voyant en train de perturber sa classe, lui lance, en lui tortillant l’oreille : « Arrêtes de faire le clown. A l’école, il faut que tu travailles. Est-ce que tu sais que tes parents ne sont pas tes vrais parents ! ».

« J’avais à peine douze ans. Cela me confirmait ce que je redoutais dans mon for intérieur j’ai ressenti comme une boule de pétanque qu’on avale », confie-t-il, lors de la présentation, jeudi soir au Centre culturel algérien à Paris, de son dernier livre autobiographique « Je reviens me chercher ».

C’est de là que commence pour le jeune SmainW une quête inlassable de ses racines algériennes, lui dont le père adoptif (Amar Salamani) était un immigré algérien et la mère marocaine. L’âge avancé de ses parents l’interpellait, mais les propos de sa maîtresse confortaient ses doutes.

La certitude sur le mystère entourant son identité lui vient lorsqu’en catimini, il accède à des documents cachés dans une boite à chaussures (certificats d’abandon, carnet de vaccination, courrier de bonnes sœurs de Constantine). « Ces documents me révélèrent que j’étais né de père et de mère inconnus, mais pas abandonné. Cette nuance est de taille, du fait que j’ai pu remonter la filière jusqu’à Constantine où je suis né en 1958 « , confesse l’humoriste, qui raconte comment il a été transféré d’un orphelinat de Constantine à ses parents adoptifs.

« Mais, regrette-t-il, rien n’a pu filtrer sur mon origine et mes parents biologiques, que ce soit dans ma ville natale où j’ai consulté la matrice des actes de naissance, ou en France, ma terre d’adoption, excepté un acte de naissance certifiant ma naissance le 3 janvier à Constantine sous le nom de Fairouze Smain ». C’est à partir de ce vide existentiel que le jeune Smain dit avoir eu un penchant pour « intéresser les autres en faisant le pitre ». « Quand on n’a pas d’histoire, on l’invente. Avec cette absence d’identité, il fallait tout faire pour que les regards des autres s’accrochent au mien », a-t-il confié.

Il avoue avoir eu tout de même une enfance heureuse et des parents tellement adorables, dit-il, qu’il n’a pas osé leur confier, avant qu’ils ne décèdent successivement en 1971 et en 1974, qu’il savait que ce n’étaient pas ses géniteurs, de crainte de les perdre…

L’humoriste, tout en se satisfaisant de sa carrière d’artiste, se considère par ailleurs comme une des « victimes » de la guerre de l’indépendance nationale. « Je suis très lié à mon pays, l’Algérie, et à son histoire, et en même temps à cette France qui m’a adopté.

Mon combat aujourd’hui est de rapprocher ces deux identités desquelles je suis né », dit-il. C’est dans cet esprit que l’humoriste compte se rendre le 1er avril prochain à Constantine, à l’invitation du Théâtre régional de Constantine où il présentera son dernier ouvrage.

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