Top

Procès Bonnemaison : le débat sur la fin de vie relancé

le 11 juin 2014 à 16:07 

Procés_Bonnemaison_fin_de_vieLe procès du médecin urgentiste Nicolas Bonnemaison s’ouvre ce mercredi aux assises des Pyrénées-Atlantiques de Bayonne. L’urgentiste sera jugé pour l’empoisonnement de sept patients en fin de vie à l’hôpital de Bayonne en 2011. Cette affaire qui divise encore la profession, devrait relancer le débat souvent houleux de l’euthanasie et de la fin de vie des patients.

Dénoncé par des infirmières et une aide-soignante qui accusaient le docteur Bonnemaison de pratiquer l’euthanasie active sur des malades pris en charge dans son service, à savoir, l’Unité d’hospitalisation de courte durée de Bayonne, Nicolas Bonnemaison encourt actuellement la réclusion à perpétuité. Il avait en effet avoué avoir eu recourt à plusieurs reprises, à différents produits interdits en soins palliatifs comme le Norcuron ou le puissant psychotrope Hypnovel, afin de « mettre fin aux souffrances extrêmes » de ces malades.

Si ce médecin de 53 ans est décrit par ses collègues comme un professionnel « exigeant » et « compétent », le rapport des experts psychiatres fait toutefois état d’une tendance à « hyper-sensibilité à autrui » et à des « épisodes dépressifs ». Le docteur Bonnemaison avait consacré sa thèse de doctorat aux « soins palliatifs et à l’accompagnement de fin de vie » et connaissait donc bien les conséquences de ses actes en s’affranchissant délibérément de la loi Leonetti.

Mais cette loi qui consacre le droit au « laisser mourir » et impose la collégialité de la décision médicale et l’avis des familles n’est pas toujours adaptée selon les avocats de l’urgentiste qui souligne notamment que si « le formalisme de la loi n’a peut-être pas toujours été suivi », « dans certaines situations elle est inapplicable ».

Aucune des familles des sept victimes n’ont porté plainte contre Nicolas Bonnemaison. Une seule s’est constituée partie civile, et deux autres devraient prendre la parole en sa faveur. Si son cas divise la communauté médicale, sa radiation de l’ordre des médecins pour violation du code de déontologie avait poussé quelque 250 de ses confrères indignés à adresser une lettre ouverte à François Hollande. Plusieurs fois, le président de la république a promis un projet de loi sur la fin de vie pour pallier le flou autour de la loi actuelle. Mais après plusieurs reports, aucune date concrète n’a depuis été avancée. Ce procès pourrait bien relancer le débat.

Crédits photo : Calleamanecer

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom