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Le débat sur la prostitution est relancé

le 27 juin 2012 à 10:50 

La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem relance la polémique sur la place de la prostitution en France. Elle affirme dans le Journal du dimanche la volonté du gouvernement d’abolir la prostitution. Une position qui soulève déjà méfiances et critiques.

Najat Vallaud-Belkacem semble déterminée, elle a déclaré dimanche dernier que « la question n’est pas de savoir si nous voulons abolir la prostitution – la réponse est oui – mais de nous donner les moyens de le faire ». Une position qui ne manque pas de clarté et qui se donne pour objectif, à travers une sorte d’intransigeance morale, de « protéger l’immense majorité des prostituées ».

La ministre sait que ce chantier s’annonce particulièrement difficile et risque d’essuyer de violentes critiques. Mais elle précise que cette décision est le fruit de réflexions au PS qui prennent la mesure de l’insuffisance des dispositifs actuels. Rappelons qu’actuellement, recourir à une personne prostituée n’est pas un délit en France. Depuis 2003, la loi française punit le racolage passif, c’est-à-dire celui exercé par la personne prostituée sur la voie publique, de deux mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende.

Néanmoins, au sein du PS, des voix s’élèvent déjà pour appeler à la prudence et à la réflexion. Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne, tout en saluant l’intention louable de la ministre, souligne les dangers de cette position, à savoir « renvoyer les femmes à leur sort, les lier d’avantage aux réseaux de proxénétisme et puis de les voir s’éloigner des centres de soins ». En effet, comme le rappelle Lilian Mathieu, sociologue au CNRS, dans une interview accordée à Libération, vouloir abolir la prostitution élude la question du devenir des prostituées : « on est dans une position purement morale, qui affirme des principes. Une politique qui est destinée officiellement à aider les prostituées, va dans la réalité rendre leur situation encore plus compliquée, précaire et fragile ».

On voit combien la question de la prostitution s’apparente à un véritable dilemme cornélien et que le débat est loin d’être clos. La pénalisation des clients sur le modèle de ce qui se pratique en Suède depuis 1999, avait également été défendue l’an passé par Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, pour qui «il n’existe pas de prostitution libre, choisie ou consentie». Une position qui se heurte au travail associatif du STRASS (Syndicat du travail sexuel) qui lutte contre la représentation misérabiliste de la prostitution.

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