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Fessenheim, un symbole de l’échec de la présidence Hollande ?

le 3 juillet 2014 à 12:33 

 fessenheim2A la confluence de la réforme territoriale, de la question de l’emploi et du projet de transition énergétique, Fessenheim est probablement le dossier le plus symbolique de ce début de quinquennat. A la suite d’une étude réalisée par l’INSEE, les conséquences de la fermeture de la centrale alsacienne ne font plus de doute : le territoire va perdre un précieux atout pour sa compétitivité industrielle !

Le chômage, du national au local

Les destructions d’emplois continuent et se passent désormais de commentaires au Ministère du travail. Sans surprise, l’absence de croissance empêche l’inversion de la courbe et les prévisions pour 2014 pourraient bien être encore revues à la baisse après les mauvais résultats du second semestre. Le Haut Conseil des Finances Publiques résumait ainsi, la situation « sans être hors d’atteinte, la prévision de croissance du gouvernement pour 2014 paraît désormais élevée ».

Si les spécialistes mettent en avant le ralentissement de la croissance mondiale comme explication, il serait faux de dire que le gouvernement n’a aucune responsabilité dans ce carnage socio-économique. Dernière preuve en date : le plafonnement de la capacité nucléaire qui entraînera la fermeture de la centrale de Fessenheim. En effet, une récente étude de l’INSEE vient de montrer que cette décision aurait  « un impact sur presque 2.000 emplois et sur les revenus de 5.000 personnes ».

 Le nucléaire au service d’un projet de territoire

L’Alsace était l’un des premiers départements à contribuer à la révolution industrielle lors des siècles précédents. Appartenant au fameux pays noir, elle exploitait notamment des mines de charbon en abondance, puis vinrent les temps nouveaux et le territoire dut s’adapter tant bien que mal. Pour réussir sa reconversion, les élus locaux avaient misé sur le nucléaire qui « permet de réduire drastiquement les coûts de production en abaissant les prix de l’énergie ».

La fermeture de la centrale qui devrait avoir lieu au moment de la mise en route de Flamanville pèsera finalement sur l’activité de « quinze communes, regroupant 22 800 habitants », selon l’INSEE. Au-delà des 2 000 postes supprimés, le territoire pourrait perdre « sa spécificité industrielle » alors « qu’aucun [autre] moteur de mm lois ne se dégage naturellement pour remplacer la centrale » note la presse locale

L’abandon des territoires : première cause de mécontentement ?

Précédemment, le cabinet Syndex avait déjà averti le gouvernement des conséquences d’une pareille décision. Cependant l’étude réalisée à la demande des syndicats opposés à la fermeture n’avait pas eu les mêmes retentissements dans les cercles du pouvoir. Devant cette première indifférence, une commission d’enquête parlementaire avait rappelé que les responsables locaux se sentaient « abandonnés, voire méprisés » par l’Etat.

Un sentiment d’ailleurs partagé par d’autres territoires comme la Bretagne et ses bonnets rouges. Une fois encore, le dogmatisme sur les questions énergétiques, le clientélisme électoral des baronnies socialistes, et les promesses non tenues sur la question de l’emploi avaient mis le feu aux poudres ! Sans véritable changement, les protestations locales pourraient bien faire tâche d’huile, et l’exécutif se retrouverait alors dans une position plus que délicate.

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