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De l’effet nocebo à l’effet placebo : laissons sa place à l’optimisme dans les discours

le 6 février 2014 à 12:52 

preintemps-de-l-optimismeAprès l’aveu d’échec de François Hollande relatif aux chiffres du chômage, la France n’avait guère besoin de nouveau prophète noir. Mais l’avocat historien et essayiste Nicolas Baverez n’en a cure. Son dernier ouvrage, « Lettres béninoises » enfonce encore le clou en prédisant une France au bord de la faillite en 2040. De tels discours, s’ils demeurent prééminents, coûtent à la France à plus d’un titre. Il est temps de laisser émerger une parole optimiste, pour un effet placebo des plus salutaires.

Les coûts humains et sanitaires du pessimisme

Selon, Pierre Achard, docteur en médecine et diplômé en thérapie comportementale et cognitive et Martin Selingman, Professeur de Psychologie à l’Université de Pennsylvanie, le pessimisme précède ou coexiste avec le stress. Des expériences de faiblesse et d’impuissance en série peuvent facilement générer certains types de dépression.

Les premiers à payer leur tribut au spectre du pessimisme, ce sont les individus. Les coûts humains et sanitaires d’un tel état d’esprit ne font aucun doute. Premiers effets inacceptables d’une atmosphère pessimiste et délétère : la démoralisation des Français, des situations de mal-être intense et des personnalités à la dérive qui charrient des idées noires.

Le dernier sondage de l’IFOP en atteste : seuls 30 % des Français se disent optimistes et confiants dans l’avenir. Or la dépression appelle des soins médicamenteux et la France, qui avait perdu son statut de leader européen dans la consommation d’antidépresseurs fin 2013, risque fort de le retrouver. Réinjecter de la sérotonine dans le sang des Français coûte cher à l’Assurance maladie. En 2011, les ventes d’antidépresseurs ont coûté 570 millions d’euros de à la Sécurité sociale.

Les autres coûts qui pèsent lourdement sur la comptabilité nationale

L’entreprise est le lieu le plus favorable à la survenue de ce type d’expérience, en particulier en période de crise, et ce pour des raisons évidentes. Ces états d’anxiété et de dépression progressent dans les entreprises européennes à tel point que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a jugé bon d’y consacrer une étude rendue publique le 12 décembre 2011 et intitulée : « Mal être au travail, mythe et réalités sur la santé mentale et l’emploi ? ».

L’étude pointait notamment du doigt l’impact économique que génèrent ces troubles mentaux quand ils pèsent sur la production. Les dépenses liées à l’absentéisme et la baisse de productivité due à un sentiment de découragement généralisé représenteraient 3 à 4 % du produit intérieur brut de l’Union européenne. C’est tout simplement énorme. Le récent sondage IFOP laisse facilement imaginer à quel point la France devrait se préoccuper de ce phénomène.

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Le pessimisme, les économistes le savent bien assez, pèsent aussi à la baisse sur la consommation et influe ainsi directement sur le PIB. Il appelle en effet à la prudence et rend les ménages plus précautionneux. Ils ont alors tendance à épargner ce qui fait mécaniquement baisser la demande.

Le pendant de l’effet placebo : l’effet Nocebo

Si l’effet placebo est connu pour affecter subjectivement et positivement un sujet en occasionnant des résultats réels, son pendant moins connu, l’effet Nocebo (« je nuirai » en latin), repose sur le même principe, mais avec les résultats négatifs que l’on imagine. Toutes les conséquences humaines, sanitaires, économiques et sociales déjà citées s’en trouvent ainsi irrémédiablement renforcées.

D’où l’importance de la nature du discours généré en amont. Quand une figure d’autorité — un médecin dans le domaine de la santé, un politicien ou un économiste quand il s’agit de la situation d’un pays —, délivre une prospective peu encourageante, sa parole n’est pas dénuée d’effets. C’est l’erreur qu’est en train de commettre la France en martelant un message politique et médiatique dépréciateur qui ne connaît pas de contradicteurs. Il est grand temps de véhiculer un message alternatif, vecteur d’enthousiasme.

Pour l’émergence d’une nouvelle voix, plus positive

Les spécialistes du sujet, à l’instar de Thierry Saussez, auteur de l’ouvrage « Manifeste pour l’optimisme » (2011), l’ont compris depuis longtemps. Ce connaisseur du monde entrepreneurial et médiatique est à l’origine de l’organisation du « Printemps de l’optimisme ». L’objectif est de redonner aux Français confiance dans leur pays et dans ses possibilités économiques.

L’évènement se tiendra le 16 et le 17 mai 2014 dans les locaux du Conseil Economique, Social et Environnemental. Au-delà de la psychologie collective, il s’agira aussi de ranimer les psychologies individuelles. Les visiteurs auront l’opportunité d’échanger avec des psychologues, des philosophes, des chercheurs et des médecins spécialistes du cerveau qui prodigueront leurs conseils pour lutter contre la résignation et se donner toutes les chances de l’épanouissement.  Avant l’évènement, un Manifeste est à la disposition de la signature de tous pour remettre un peu d’optimisme dans notre pays.

Un discours réaliste, avec tous les désagréments qu’il peut causer aux oreilles, vaut toujours mieux que des mensonges, nécessairement contreproductifs. Mais point besoin de noircir le trait ni de matraquer les mauvaises nouvelles. Insuffler confiance et enthousiasme via un discours encourageant peut aider la France à faire démentir les plus sombres prédictions.

Alicia.

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