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L’Uberisation des transports, n’est visiblement pas une fatalité

le 11 avril 2017 à 10:02 

Uber par ici, Uber par là, on a souvent l’impression que le phénomène semble inarrêtable, et qu’il va devenir dans le futur, une norme de notre monde. Pourtant, si l’on regarde bien, tout ne se passe pas toujours aussi facilement. Dernier en date, le tribunal de Rome vient d’interdire à Uber d’exercer ses services en Italie. En fait, les difficultés se concentrent surtout sur deux continents, l’Europe et l’Asie.
En Europe, le tribunal de Rome a rendu une décision en faveur des chauffeurs de taxi de la ville. Pour les juges italiens, la plateforme de VTC constitue une concurrence déloyale pour les taxis. Évidemment, Uber ne s’avoue pas aussi facilement vaincu, et a annoncé sa volonté de faire appel. Cependant, avec cette décision de justice, l’Italie vient de s’ajouter à la liste des pays où Uber a échoué à imposer son modèle.
C’est le cas de la Hongrie, qui a tout simplement déclaré la plateforme de VTC illégale. Les autorités hongroises ont même bloqué tout accès aux services d’Uber par Internet. L’entreprise a quitté le pays en 2016. Idem pour la Bulgarie, Uber a opéré pendant un an avant de se voir interdire d’opérer au titre de la « concurrence déloyale » en septembre 2015. On s’achemine vers le même processus au Danemark, car une décision de justice rendue en novembre a déclaré les services de l’entreprise de VTC illégaux.
Continuons notre tour de l’Europe, en signalant que le service UberPop (conducteurs au volant de leur véhicule personnel) a aussi été interdit en Allemagne et en France. De toute façon, en Allemagne, les licences de taxis sont gratuites, ou peuvent s’obtenir à moindre coût. Les chauffeurs n’ont donc aucune raison de se tourner vers Uber. Le gouvernement Finlandais pour sa part, a renoncé à poursuivre directement la plateforme, mais les chauffeurs Uber risquent des poursuites au pénal s’ils sont appréhendés. Le Royaume-Uni, a obligé Uber à reconnaitre ses chauffeurs comme des salariés avec un salaire minimum, et de garantir le droit aux congés payés. Pour finir, la société a fait son retour en Espagne, cependant, elle ne peut plus faire appel qu’à des chauffeurs, possédant une qualification professionnelle.
En Asie, les choses ne sont pas toutes roses non plus. Il faut se rappeler qu’Uber est tombé sur plus fort que lui en Chine avec Didi Chuxing, un concurrent chinois qui met en relation les clients avec des taxis traditionnels. Pourtant, la plateforme de VTC a investi deux milliards de dollars et a opéré à perte, mais impossible de détrôner Didi et ses 300 millions d’abonnés. Finalement, c’est même le leader chinois, qui a absorbé l’activité d’Uber en Chine.
Toujours en Asie, la Corée du Sud a inculpé localement la société, pour exercice illégal de la profession de taxi. A Taïwan, les amendes tombent, car les autorités lui reprochent de proposer des services de taxi sans les autorisations nécessaires. Les chauffeurs qui roulaient pour Uber encouraient des amendes d’environ 750 000 euros.
Fort heureusement, il reste l’Amérique, cette terre où l’initiative est encouragée et où, on peut écraser les autres tranquillement. Attention, en Argentine l’application Uber a été interdite dans tout le pays par un juge, en janvier. C’est à vous décourager !

Crédit photo : Automobile Italia

 

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