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Philippe Martinez et la défense du régime spécial des retraites des cheminots

le 11 septembre 2017 à 12:28 

Le mensonge ne vient pas toujours d’où on l’attend. A l’heure actuelle, nombreux sont ceux qui dénoncent les mensonges de l’État, des institutions et du pouvoir en place, non pas pour rétablir un semblant de vérité, mais pour placer leur propre mensonge. Cette fois, c’est Philippe Martinez, le patron de la CGT, qui explique que le régime spécial des cheminots est « un régime qui est autofinancé par les cheminots, ça ne coûte rien. Ce régime est excédentaire« . Or, il est en réalité en déficit chronique.

 En effet, l’État a dû rallonger l’an dernier 3,3 milliards d’euros pour payer les pensions des anciens cheminots, et de leurs familles. Ce qui représente près des deux tiers de toutes les pensions versées. C’est simple, les cotisations ne rapportent que 37 % des recettes du régime, tout le reste est payé par les impôts.

En fait, Philippe Martinez fait semblant de ne pas voir, que depuis 2007, si la caisse affiche un bilan en parfait équilibre, tout le monde sait qu’elle le doit à une subvention d’équilibre versée directement par l’État et qui apparaît dans la balance des comptes de la caisse.

Il arrive donc à la caisse des cheminots ce qui arrive plus généralement a de nombreuses caisses, car le nombre de cotisants ne cesse de baisser, ils étaient 146 000 actifs à payer l’an dernier, pour 265 000 retraités. Dans ces conditions, il n’y a pas de miracle, et comme les actifs cotisent à hauteur de 8,2 %, mais hors primes, ce qui représente plus d’un cinquième de leur rémunération. La situation ne va pas s’améliorer, même si l’État, en tant qu’employeur finance non pas à hauteur du classique 16 %, mais à plus du double, soit près de 36 %.

Ce n’est pas pour rien que l’on parle de régimes spéciaux, à ce titre le régime des cheminots n’échappe pas à la règle. Tous les régimes spéciaux comme la RATP ou les marins par exemple, sont en déficit, et pour compenser la baisse du nombre d’actifs, l’État surcotise, et renfloue. Ce n’est d’ailleurs pas forcément à mauvais escient, et si au lieu de discuter et mentir sur les chiffres, le débat devrait plutôt se tourner vers la légitimité de tel ou tel avantage et en assumer les conséquences.

Pour l’instant, tout le monde joue sa partition et en rajoute. En mettant en avant ces régimes spéciaux, le gouvernement sait que l’opinion publique va réagir et il peut en profiter pour faire valider de nombreuses réformes pour rénover le système à sa manière. De son côté, le patron de la CGT, essaye de défendre des acquis, y compris en « masquant » la réalité, souvent socialement justifiés, mais qui n’apparaissent parfois plus d’actualité et difficiles à maintenir économiquement.

A ce jeu de poker menteur, l’homme avisé essaiera de se faire sa propre opinion en n’oubliant pas comme souvent que « la vérité est ailleurs » ou « entre ».

Crédit photo : Xavier DUVAL

 

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