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Le hip-hop au secours du Bronx

le 13 mars 2017 à 12:06 

 

« C’est le Bronx chez toi », qui n’a pas utilisé cette expression pour signifier un gros désordre. Le quartier de New-York n’a pas bonne réputation, et pourtant, il ne faudrait pas oublier que c’est le berceau d’un mouvement d’ampleur mondial, à savoir le hip-hop. Certains voudraient bien se servir de cette notoriété pour réussir à sortir le quartier de l’image de ghetto qui l’entoure.
Nous sommes en 1973, dans une petite salle commune du 1520 Sedgwick Avenue, pas très reluisante avec un lino bicolore et des néons éclairés, au rez-de-chaussée d’un bâtiment en briques anonyme, en bord d’autoroute. Un certain Clive Campbell, surnommé Kool Herc, mixait des extraits de morceaux et devenait sans le savoir le premier DJ de l’histoire, à côté de lui, Coke La Rock devenait un MC en débitant des phrases parlées sur la musique. Inutile de dire que personne ne se doutait que dans le sud du Bronx, on assistait à la naissance d’un mouvement qui allait regrouper aussi de la danse et du graffiti et que, plus de quarante ans après, allait devenir une véritable industrie brassant des milliards de dollars.
C’est justement, à ce confortable matelas que s’adresse responsables et artistes locaux, qui voudraient bien mettre en valeur cet héritage pour revaloriser un quartier qui passe toujours pour être le quartier mal famé de New-York. Il apparaît difficile de lutter contre un l’imaginaire collectif, mêlant drogue, gangs, armes à feu, règlement de comptes. Pour le maire du Bronx, Ruben Diaz Jr, « les gens viennent ici et s’attendent à voir des immeubles délabrés ». La réputation du Bronx est telle que Debra Harris, qui organise depuis 15 ans des visites guidées des lieux emblématiques du hip-hop, fait démarrer ses tours à Harlem pour ne pas faire peur aux touristes. Pour elle, la municipalité de New-York favorise Manhattan, et Brooklyn.
Actuellement, la priorité se tourne vers la construction d’un musée du hip-hop qui reste à la traîne. A la tête du concept de l’Universal Hip Hop Museum depuis plusieurs années, l’entrepreneur et ancien producteur Rocky Bucano. Il a déjà avec lui plusieurs noms de la première génération du hip-hop. Il dit aussi avoir reçu le soutien de plusieurs élus municipaux et de l’Etat de New-York. Il espère bien aussi avoir une sorte de retour de la part de « sociétés qui ont bénéficié de la commercialisation du hip-hop » et que « certains des artistes eux-mêmes qui ont fait beaucoup d’argent avec le hip-hop » mettent la main à la pâte.
Sans tomber dans l’angélisme, le Bronx reste le quartier où la criminalité est la plus élevée avec l’est de Brooklyn. Cependant, comme les autres quartiers de New-York, il affiche une forte chute de la criminalité, avec un nombre de meurtres divisé par six depuis 1990.
L’espoir est de mise, car certains signes ne trompent pas. Des promoteurs investissent pour profiter de prix de plus en plus inaccessibles à Manhattan ou à Brooklyn. Ils ont bien compris la valeur ajoutée qu’une touche hip-hop peut apporter à une rue ou à un bâtiment.
« Tous ces propriétaires nous contactent », constate, amusé, BG 183, alias Sotero Ortiz, l’un des membres-fondateurs du collectif Tats Cru. Après avoir démarré dans les rues et sur les trains, en toute illégalité, les membres du Tats Cru se retrouvent dans les galeries et décorent certains bâtiments, et participe a des projets immobiliers du quartier.
« Ils nous disaient que nous allions nous faire arrêter », se souvient BG 183, « et maintenant, ils nous remettent des prix ».

Crédit photo : thebxnyc2008

 

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