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Le streaming illégal, une activité dangereuse

le 2 juin 2017 à 15:14 

Streaming-EnnocenceÀ l’heure où les attaques informatiques se multiplient, les dangers du streaming illégal demeurent encore trop souvent sous-estimés par les internautes. Qu’ils soient techniques ou psychologiques, ils sont pourtant bien réels. Et ce sont les jeunes utilisateurs qui encourent le plus de risques sur ces plateformes. En cause : les contenus pornographiques non censurés qui accompagnent ces sites.

WannaCrypt, un nouveau rappel à l’ordre

En quelques jours, un virus d’ampleur mondiale a infecté plus de 200 000 ordinateurs dans 150 pays. Son nom : WannaCrypt, un « ransomware » assez classique, qui consiste à demander le paiement d’une rançon pour débloquer les données de l’appareil pris en otage. Contacts, historique de navigation, photos, etc. Récupérer sa vie privée a désormais un prix.

Lors du deuxième week-end de mai, ces cyberattaques ont causé des dégâts jugés « sans précédent » par Europol, l’Office européen des polices. Avec un rythme de propagation de cinq millions d’emails envoyés par heure, le virus a provoqué de graves conséquences économiques dans de nombreuses entreprises : l’usine Renault de Douai a par exemple été contrainte de mettre au chômage technique près de 3 000 de ses salariés le lundi 15 mai.

D’autres groupes comme FedEx en Angleterre, Telefónica en Espagne ainsi que différentes gares allemandes ont été touchés. Plusieurs hôpitaux britanniques ont même été forcés d’éteindre complètement leurs systèmes informatiques, une coupure qui aurait pu être lourde de conséquences…

Essentiellement véhiculé par des spams cherchant à faire démarrer un programme dissimulé, WannaCrypt se propage également via les plateformes illégales d’échanges entre particuliers (« peer-to-peer »), très populaires pour le téléchargement de films, de jeux et de logiciels.

Les plus jeunes à la merci du streaming illégal

Responsable de 91 % du trafic mondial sur Internet, le streaming vidéo est une source majeure de propagation de contenus vérolés. En effet, pas moins de 80 % des plateformes illicites de streaming hébergent virus et autres malwares en tout genre. En effet, ces sites diffusent la plupart du temps des publicités dangereuses pour la santé de l’ordinateur. Elles se présentent sous différentes formes : fenêtres « pop-up » incitant à l’installation d’un logiciel malfaisant, arnaques faisant croire à une contamination pour vendre de faux services ou encore publicités malicieuses cherchant à rediriger vers un logiciel malveillant à l’affût de la moindre faille de sécurité informatique dans les machines des internautes.

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En plus des risques technologiques et financiers qu’ils font encourir aux internautes, les sites de streaming illégaux peuvent également présenter un danger psychologique pour les enfants. En cause : les images et vidéos à caractère pornographique qui sont monnaie courante sur ces plateformes, et qui exposent prématurément les plus jeunes à des contenus inappropriés.

Qu’elle soit accidentelle lors du visionnage d’un dessin animé sur une interface pirate ou volontaire après à l’apparition d’une publicité incitative, ce mode d’exposition au porno concerne près de 15 millions d’internautes français. Selon une étude OpnionWay, menée en début d’année pour l’association Ennocence, qui lutte pour une meilleure protection des enfants sur le Web, 55 % des parents estiment que leurs enfants regardent des vidéos sur des plateformes de streaming et de téléchargement illégales, et à raison d’au moins une fois par semaine pour 33 % d’entre eux.

Selon cette même enquête, 14 % des 9-16 ans et 36 % des 15-16 ans affirment avoir déjà surfé sans le vouloir sur un site pour adultes. Résultat : en France, l’âge moyen de la première exposition à un contenu classé X est de 11 ans. Et cette exposition précoce est loin d’être sans conséquence sur le développement psychologique des enfants.

« La majorité des jeunes qui ont été exposés à des images pornographiques considèrent qu’ils l’ont été trop jeunes, dénonce Gordon Choisel, président d’Ennocence. C’est révélateur : les jeunes eux-mêmes réalisent qu’il y a un problème. Ce besoin de protection de la jeunesse est confirmé par la jeunesse elle-même ».

Pour combattre ce fléau, Ennocence milite pour une protection renforcée des mineurs sur la toile, et ce ne serait pas du luxe : un parent sur deux ne surveille pas le comportement de ses enfants en ligne. « Internet est aujourd’hui un vrai lieu de sociabilité pour les jeunes, c’est un espace public, mais il n’y a pas d’accompagnement. On ne va pas laisser un enfant de huit ans tout seul dans la rue, mais on le laisse seul sur Internet », déplore Gordon Choisel.

L’association propose également des actions pédagogiques pour les parents et prône une éducation sexuelle à l’école prenant en compte les risques du Web. Celle-ci réclame également un durcissement des mesures à l’encontre des sites et régies publicitaires qui diffusent des contenus illégaux. « L’industrie du porno en ligne a mis en place une stratégie marketing très féroce en forçant les internautes, via ces sites de streaming, à consulter des images pour adultes sans leur consentement et sans se préoccuper de leur âge, ajoute le président de l’association. Elle n’a aucun intérêt à enrayer le phénomène, puisque ces mineurs tombés contre leur gré sur des contenus inappropriés lui rapportent chaque année, selon nos estimations, la somme colossale de 147 millions de dollars (138 millions d’euros) ».

A. Jourdan

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