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Internet : possibilité d’un nouveau style littéraire dans le monde arabe

le 29 juin 2011 à 16:34 

Les nouvelles technologies, les blogs, les livres numériques, les réseaux sociaux et autres moyens de communication disponibles sur la toile, pourraient être à l’origine de l’apparition d’un nouveau style littéraire dans le monde arabe, distingué des œuvres classiques par le langage, ont estimé mardi à Alger des auteurs arabes.

Le nouveau style littéraire sera caractérisé par un langage simple, concis avec parfois des abréviations souvent utilisées dans les courriers électroniques ou les SMS, et aura comme adeptes les jeunes générations de romanciers et de nouvellistes, selon le point de vue d’auteurs, invités à une rencontre-débat dans le cadre du 4ème festival international de la littérature et du livre de jeunesse (Feliv) sur le thème « Nouvelles technologies, nouvelles écritures ? ».

Ils ont toutefois tenu à préciser que ce nouveau genre d’écriture est dû, notamment, à la large propagation du Net et des services qu’il propose, mais dépendra, aussi, de la sensibilité de l’auteur sans pour autant représenter une « menace » pour les autres styles littéraires. Concernant l’impact des nouvelles technologies sur la création et l’imaginaire littéraires, les orateurs étaient unanimes à affirmer qu’elles permettaient aux auteurs d’avoir de nouvelles perspectives et inspirations en matière d’écriture et qu’elles offraient aux lecteurs du monde entier un large choix de lecture, donc une découverte d’hommes de lettres de différents horizons, facile et rapide.

A ce propos, Rabah Belatrèche, poète algérien fondateur d’un site Internet culturel, a indiqué que le Net avait beaucoup d’avantages pour un auteur car il lui permettait de publier ses écrits sur la toile et de les partager avec un large public des quatre coins du globe sans subir, a-t-il dit, le « monopole » des imprimeries. Il a exprimé son indifférence quant au format de l’œuvre littéraire, qu’elle soit en papier ou numérique, car le plus important pour lui est la publication et le partage avec les lecteurs qui, selon lui, n’hésitent jamais à faire des critiques à chaud.

Sur ce point, l’écrivain et traducteur tunisien, Walid Souleyman, a précisé que le principe de l’écriture restait le même, qu’elle soit sur papier ou autres supports. L’essentiel, pour lui, c’est qu’il y ait une interactivité avec un public de lecteurs. Il a relevé que le livre numérique a brisé toutes sortes de censure ou interdiction de vente que subissaient des auteurs auparavant pour des raisons souvent politiques. Selon lui, c’est la qualité de l’écrit qui fait le succès d’un auteur et non pas la forme dans laquelle il est publié.

Pour sa part, le romancier égyptien Khaled El-Berry, a estimé que le Web enrichissait l’imaginaire de l’auteur et lui donnait de nouvelles perspectives de création car, désormais, l’Internet fait partie de sa personnalité, qu’il soit ancien ou contemporain.

Il a également noté que le monde virtuel était une nouvelle façon d’exprimer ses états d’âme, de les partager avec des milliers de personnes et de recevoir, en contre partie, des réactions ou des commentaires. Toute cette interactivité joue, selon lui, un rôle majeur dans le développement de l’imaginaire d’un auteur et l’incite à tenter de nouvelles expériences en matière d’écriture. Par ailleurs, il a rejeté l’existence de conflits entre l’édition numérique et celle sur papier.

Le 4ème Feliv se tient jusqu’au 29 juin, sous le slogan « Libérer l’imaginaire », à l’esplanade de Riadh El-Feth et d’El-Kettani (Bab El Oued) ainsi qu’aux palais de la Culture Malek-Haddad (Constantine) et du Méchouar (Tlemcen). Une soixantaine d’éditeurs prennent part à cette rencontre annuelle qui propose un programme riche en activités thématiques, outre l’exposition de livres.

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