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Ces Palestiniens qui deviennent Israéliens

le 2 juin 2017 à 9:29 

C’est un sujet délicat, souvent douloureux, que l’on n’évoque pas ou le plus souvent avec mépris. En un mot, le cas des Palestiniens qui se résignent à prendre la nationalité de « l’ennemi » israélien, est un sujet « tabou », même s’ils sont de plus en plus nombreux à le faire.
Les jugements tombent immédiatement, et les mots comme « traitres » accompagnent ces personnes qui entament leurs démarches de naturalisation. Ziad Haidami, avocat à Jérusalem explique, « mais les Palestiniens de Jérusalem font de plus en plus ce choix parce qu’ils se disent que la nationalité israélienne les protégera alors qu’aucune autorité palestinienne ne peut le faire à Jérusalem », où Israël interdit toute activité politique palestinienne.
Tout le monde sait, qu’être palestiniens n’est pas une situation facile, et parmi eux, la situation des 300 000 Palestiniens de Jérusalem-Est est particulièrement spécifique, car ils ont un statut à part. Ils n’ont pas comme les habitants de Cisjordanie et de la bande de Gaza la nationalité palestinienne. Israël considère qu’ils vivent sur son territoire puisqu’il a annexé Jérusalem-Est. Ils payent donc des impôts et ils ont un permis de « résidents permanents » qui leur donnent accès aux droits sociaux. Cependant, assez bizarrement, c’est la Jordanie qui leur fournit des documents de voyage. Par contre dans ces deux pays, ils n’ont pas le droit de vote, sauf pour les élections municipales israéliennes que la grande majorité des Palestiniens boycottent parce qu’ils ne reconnaissent pas la municipalité israélienne qui entend exercer son autorité autant sur Jérusalem-Ouest que Jérusalem-Est.
Il est facile de comprendre le statut particulièrement précaire de cette situation, qui permet aux autorités israéliennes de retirer facilement un permis de résidence. Il faut donc réfléchir à deux fois, avant d’aller vivre plusieurs années de suite à l’étranger ou même de s’installer à quelques kilomètres de là, en Cisjordanie occupée.
Entre 2009 et 2016, sur 6 497 Palestiniens de Jérusalem qui ont demandé la nationalité israélienne, 3 349 l’ont obtenue après avoir passé des entretiens menés uniquement en hébreu, et non en arabe, pourtant une des langues officielles en Israël.
Pour ces néo-Israéliens, c’est une autre vie qui commence, c’est beaucoup plus de tranquillité, et un accès à de nombreux métiers et pour beaucoup, la possibilité de voyager et de faire des études ailleurs. C’est aussi se couper de son passé et d’une partie de ses racines, car la démarche est particulièrement mal vue, et les représailles pas impossibles. De plus, avoir des papiers israéliens, c’est aussi ne plus pouvoir entrer dans la grande majorité des pays arabes, qui ne reconnaissent pas Israël.
Fakhry Abou Diab, militant associatif anti-colonisation à Jérusalem-Est, conclue en comprenant, « la frustration qui pousse les jeunes ». Cependant, il maintient que les Palestiniens devraient « promouvoir leur identité », et donc leur présence à Jérusalem, plutôt que de prendre la nationalité israélienne.
N’oublions pas, que bien juger une décision, c’est d’abord bien savoir et bien comprendre les situations.

Crédit photo : NoOne

 

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