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La France en Libye : Les textes de l’ONU et le terrain

le 2 juillet 2011 à 14:11 

L’OTAN n’a éprouvé aucun scrupule à bombarder à vue dans un conflit où il lui est strictement interdit de faire intervenir des hommes au sol.

Si la France de Chirac a eu l’intelligence et le recul nécessaires de ne pas envoyer de troupes en Irak aux côtés de la coalition menée par les Américains, la France du remuant Sarkozy a été, en revanche, le premier pays au monde non seulement à rallier la cause des Benghazis, mais à bombarder aussi les positions de Kadhafi. Pour venir en aide à la révolution libyenne, Paris ayant pris la précaution de prendre la température de Londres et d’obtenir son soutien. Pour imprimer à l’opération un caractère qui ne soit pas exclusivement français, la Maison-Blanche qui répugne qu’on joue le leadership à sa place et sur son terrain, priera poliment Sarkozy de rentrer dans les rangs et de laisser faire l’OTAN. Et c’est ainsi que l’organisation entrera «officiellement» en guerre contre Tripoli.

En fait, il ne s’agit pas d’une guerre au sens étymologique du terme mais d’un astucieux habillage onusien, la Résolution 1973 qui condamne par principe la brutalité du régime libyen et qui exhorte en parallèle à protéger les civils pris entre deux feux, celui des insurgés à l’Est et celui du dictateur à l’Ouest. La mission assignée à l’OTAN se situe donc à ce niveau et ses interventions actuelles n’ont théoriquement d’autre but que d’empêcher les colonnes de Kadhafi de massacrer la population. Cela pour la consommation extérieure. En réalité, il ne s’agit ni plus ni moins que d’éliminer physiquement le maître de Tripoli.

Tout le monde l’aura compris. Tous les prétextes sont bons pour hâter sa fin et, bien sûr, tous les objectifs, même civils pour peu que le Guide de la Jamahyria s’y trouve. Sur ce plan, l’OTAN n’a éprouvé aucun scrupule à bombarder à vue n’importe où et n’importe comment dans un conflit qui s’enlise et où il lui est strictement interdit de faire intervenir des hommes au sol.

Elle sait que dans le cas où elle passerait outre les limites fixées par l’ONU, l’opinion internationale considérerait l’ingérence de l’organisation comme une immixtion dans les affaires intérieures d’un pays souverain. Pour éviter un piège aussi grossier et surtout les récriminations mondiales qui ne manqueraient pas de donner de la voix, les stratèges politico-militaires de Bruxelles s’en tiennent depuis trois mois à l’exécution stricto sensu des recommandations de New York.

Et ces textes, ils peuvent leur faire dire n’importe quoi. Après tout, n’importe quelle cible vue d’en haut, vue d’un avion peut être considérée comme une cible militaire et confondue avec une cible civile. Comme une école, un hôpital, une ferme, des magasins, des parkings, des autoroutes, un stade… Bref, avec tout ce que vous voudrez. Résultat : les bavures volontaires ou involontaires des avions de l’OTAN font aujourd’hui de nombreux morts. Cela s’est vérifié sur tous les champs de bataille où l’organisation a engagé ses forces.

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