Top

Iran : Retour timide des réformateurs

le 3 juillet 2011 à 14:54 

La crise au sein des conservateurs a permis au mouvement des réformateurs d’occuper de nouveau la scène politique et médiatique.

Les réformateurs iraniens, marginalisés depuis la présidentielle de 2009, tentent de profiter du conflit entre le président Mahmoud Ahmadinejad et ses détracteurs au sein du camp conservateur au pouvoir pour regagner le terrain perdu. Après la réélection contestée de M. Ahmadinejad en juin 2009 et les troubles qui ont suivi, de nombreux responsables réformateurs ont été arrêtés et parfois lourdement condamnés.

Le pouvoir a placé en résidence surveillée les deux principales figures de proue réformatrices, l’ancien chef du Parlement, Mehdi Karoubi, et l’ancien Premier ministre, Mir Hossein Moussavi, qui avaient dénoncé des fraudes massives et pris la tête d’un mouvement de contestation, dont le bilan s’est élevé à des dizaines de morts. Mais le courant réformateur a commencé à relever la tête au cours des dernières semaines, à la faveur du conflit aigu entre M. Ahmadinejad et une partie des conservateurs inquiets d’un «courant déviationniste» animé, selon eux, au sein de l’exécutif par Rahim Machaie, l’influent directeur de cabinet du président. Plusieurs personnalités ultraconservatrices n’ont pas hésité à affirmer que ce «courant déviationniste» visant, selon eux, à saper les fondements de la République islamique, était «plus dangereux que la sédition, vocable officiel désignant depuis deux ans l’opposition réformatrice.

Dans ce contexte, deux nouveaux quotidiens réformateurs, Etemad -un temps interdit par la justice- et Rouzegar, sont venus renforcer la demi-douzaine de titres ayant survécu à la répression, en particulier Shargh et Arman. Ils ont contribué à ouvrir un débat sur l’opportunité d’une participation des réformateurs aux prochaines législatives, sur lesquelles se déchirent les conservateurs. Si les plus radicaux des réformateurs rejettent une telle participation, d’autres l’envisagent avec sérieux, en particulier parmi la cinquantaine de députés réformateurs (sur 290) qui font à nouveau entendre leur voix. «Nous sommes partisans de réformes à l’intérieur du régime et hostiles aux actions en vue de le renverser», a, il y a peu, souligné l’un d’eux, Mostapha Kavakebian.

L’ex-président réformateur, Mohammad Khatami, tente pour sa part de trouver une voie médiane permettant aux réformateurs de revenir sur la scène politique. Depuis un an, il a progressivement pris des distances avec MM. Moussavi et Karoubi, en refusant notamment d’appeler à des manifestations de rue, tout en continuant à demander leur libération ainsi que celle de tous les prisonniers politiques. Il a récemment appelé à une réconciliation nationale, en réaffirmant l’allégeance des réformateurs au régime islamique, suscitant des critiques à la fois chez les ultraconservateurs et les réformateurs radicaux. «Il faut que tout le monde pardonne et regarde vers l’avenir», a-t-il déclaré, soulignant que «le mouvement réformateur a toujours milité pour le renforcement du régime et demeure attaché à la République islamique et ses idéaux».

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom