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Moubarak et ses deux fils ont plaidé non-coupables

le 3 août 2011 à 14:45 

L’ex «Raïs» et ses deux fils ont plaidé non coupables, ce matin, devant le tribunal pénal du Caire. C’est l’un des faits marquants de la première journée de ce procès «historique». «Toutes ces accusations, je les nie complètement», a déclaré M. Moubarak, à qui un micro a été tendu. Pâle et vêtu de blanc, Moubarak est apparu couché sur une civière. Ses deux fils se tenaient debout près de lui dans un box grillagé et muni de barreaux.

L’ex-Président égyptien Hosni Moubarak et ses fils, Alaa et Gamal, accusés d’être impliqués dans le meurtre de manifestants et accusés de corruption, ont plaidé non coupable ce matin devant le tribunal pénal du Caire. «Toutes ces accusations, je les nie complètement», a déclaré M. Moubarak, à qui un micro a été tendu.
Il s’exprimait couché sur une civière dans le box des accusés après une brève interruption d’audience. Alaa et Gamal ont ensuite pris la parole pour se dire non coupables.

Un représentant du Parquet général avait auparavant accusé M. Moubarak de s’être mis d’accord avec l’ex-ministre de l’Intérieur Habib el-Adli pour le meurtre « prémédité » de manifestants anti-régime dans plusieurs gouvernorats d’Egypte. Il a aussi accusé Alaa et Gamal Moubarak de corruption. Les fils Moubarak se sont relayés auprès de leur père. Ils tenaient tous deux des livres à la main, probablement des exemplaires du Coran. Le procès a commencé à 9h 00 locales (7h 00 GMT) dans un amphithéâtre, où une grande cage à barreaux noirs a été installée pour accueillir les accusés.

Le président du tribunal, le juge Ahmed Refaat, a demandé à l’assistance un «silence total» sous peine d’expulsion de la salle d’audience tout contrevenant à ses instructions. Mais parfois, il avait du mal à se faire entendre face aux avocats des prévenus dont certains intervenaient en même temps sur des points de procédure. L’ancien ministre de l’Intérieur Habib el-Adli, autrefois redouté et toujours haï par une grande partie de la population, ainsi que six hauts responsables de la police seront jugés en même temps. L’homme d’affaires Hussein Salem, un proche des Moubarak, sera lui jugé par contumace. Ils sont tous accusés d’avoir détourné des millions de dollars d’argent public et d’avoir ordonné le meurtre de manifestants anti-régime pendant le soulèvement populaire de janvier-février, qui a fait près de 850 morts et abouti à la chute de Hosni Moubarak. L’ancien chef d’Etat était en détention à l’hôpital international de Charm el-Cheikh, où il est soigné pour des problèmes cardiaques.

Pendant plusieurs semaines, il semblait entendu que l’ex-président allait être jugé dans cette station balnéaire, jusqu’à ce que le ministère de la Justice annonce, la semaine dernière, qu’il serait transféré au Caire. Son avocat, Farid al-Dib, va arguer que M. Moubarak est trop malade pour être jugé et qu’il n’a pas autorisé la répression brutale des manifestants. M. al-Dib a assuré que M. Moubarak souffrait d’un cancer et, la semaine dernière, qu’il était dans le coma, ce que l’hôpital a démenti. L’un de ses médecins a affirmé à l’AFP qu’il était dans un état relativement stable mais qu’il était faible, car il refuse de s’alimenter, et très déprimé.

Couché sur une civière

Le Président égyptien déchu, Hosni Moubarak, est apparu pour la première fois publiquement depuis sa démission le 11 février, couché sur une civière. Pâle, vêtu de blanc, il a parlé à ses fils Alaa et Gamal, calmes et eux aussi habillés en blanc, la tenue réglementaire des prévenus n’ayant pas encore été condamnés. Il est arrivé au tribunal dans une ambulance. La télévision a montré des images d’un avion médicalisé dans l’enceinte du bâtiment. Les fils Moubarak, qui se tenaient debout près de leur père dans un box grillagé et muni de barreaux, et l’ex-ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli, ainsi que six hauts responsables de la police, également présents, doivent répondre des mêmes accusations.

Un ex-ministre israélien lui a proposé de se faire soigner en Israël

L’ex-ministre israélien, Benyamin Ben Eliezer, a affirmé ce mercredi avoir proposé à Moubarak de se faire soigner en Israël avant la révolution égyptienne. «Bibi (Netanyahu) et moi, nous avons vu Moubarak à Charm el-Cheikh (mer Rouge), il était malade, je lui ai dit que la distance était très courte entre Charm el-Cheikh et Eilat (une station balnéaire israélienne également sur la mer Rouge) et qu’il devrait venir s’y faire soigner et se refaire une santé», a affirmé M. Ben Eliezer. «Je suis sûr que le gouvernement (israélien) l’aurait accueil-li, mais Moubarak qui est un grand patriote égyptien, a refusé», a-t-il ajouté.

Ses fils, autrefois riches et puissants, aujourd’hui parias

Gamal, le politique, rêvait de succéder à son père à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe. Alaa, l’homme d’affaires, pensait continuer à s’enrichir. Les deux hommes se seraient, selon des informations de presse, violemment disputés à la veille de la chute de leur père, Alaa reprochant à Gamal d’avoir poussé le vieux Président à adopter une ligne intransigeante, qui n’a fait que précipiter sa perte. Le cadet, Gamal, ex-banquier qui incarnait une «nouvelle garde» face aux caciques du régime, a été depuis des années la face visible de la fratrie. Cadre dirigeant du Parti national démocrate (PND) autrefois présidé par son père, il s’est attaché à faire de cette formation une machine de guerre pour accéder un jour à la présidence. Gamal Moubarak, avec sa garde rapprochée de chefs d’entreprises richissimes, est perçu comme le chef de file d’une élite affairiste, corrompue et très impopulaire. Une grande partie de l’armée voyait aussi d’un mauvais œil l’arrivée possible d’un président sans passé militaire.

Nouveaux heurts entre pro et anti Moubarak devant le tribunal

Des partisans du Président égyptien déchu Hosni Moubarak se sont heurtés à ses opposants devant l’académie de police en banlieue du Caire, où se tient le procès. Des violences sporadiques ont lieu depuis le petit matin. Pro et anti Moubarak se sont de nouveau affrontés à coups de pierres au moment où l’audience était suspendue pour une pause. Des centaines de personnes, dont des familles des victimes et des journalistes, étaient rassemblées devant l’académie et suivaient l’audience sur un écran géant.

600 personnes assistent au procès

Plus d’un millier de policiers et de soldats ont été déployés pour assurer la sécurité du bâtiment, où se déroule le procès. Près de 600 personnes, avocats, familles des victimes, journalistes, ont été autorisées à assister au procès. Des barbelés ont été placés à l’entrée du bâtiment. Une dizaine de bus de la police anti-émeute gardaient l’entrée. Une vingtaine de personnes manifestaient en faveur de l’ex-Président. «Ils disent révolution et liberté, mais ils ne sont qu’une bande de voyous», «ô juge, il ne faut avoir peur que d’Allah», criaient certains en brandissant des photos de M. Moubarak.

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