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La mort à huis clos de Ben Laden : La mystification impériale

le 4 mai 2011 à 10:19 

Barack Obama, le héros qui a rendu justice aux Américains, ira donc parader, ce jeudi, à Ground Zero, pour tenir in fine le rôle du justicier des temps modernes. Mais, là où la justice a prévalu, la vérité historique a failli.

La grande mystification du siècle impérial a imposé, au commencement, une vision unilatérale dans la compréhension du drame du WTC attribué sans coup férir à la nébuleuse d’al Qaîda qu’elle n’a du reste jamais revendiqué. A son épilogue, dans la lointaine contrée pakistanaise d’Abottabad, le voile s’est davantage épaissi autour des conditions énigmatiques de la fin programmée de l’allié d’hier devenu l’ennemi public des Etats-Unis. Ben Laden a-t-il jamais existé ? L’immersion d’un corps fantôme, au large de la mer d’Arabie, vire carrément à la liquidation du témoin gênant et par top encombrant. Les explications farfelues de Washington, se déclarant notamment respectueuses des principes et des traditions musulmanes, n’ont convaincu personne.

Ensuite, la mort à huis clos, sans aucune image, renforce le chapelet de suspicions légitimes que conforte le démenti sur la diffusion du visage tuméfié d’un cadavre trituré dont on sait maintenant qu’il n’était pas celui de Ben Laden. Le scénario manque, jusque-là, de contenance : pas de preuves crédibles et incontestables. La Maison Blanche enfonce le clou. Elle a déclaré nulles et non avenues les supputations de John Brenan, principal conseiller d’Obama pour la lutte contre le terrorisme, selon lesquelles Oussama Ben Laden s’est servi d’une femme, apparemment la sienne, comme bouclier humain dimanche pendant le raid américain.

Le feuilleton, cousu de fil blanc, est à la limite du montage grotesque. Voilà bien un «ennemi public», disparu des grottes de Tora Bora ou terré dans les caches des zones tribales pakistano-afghanes, activement recherché par les services de sécurité des plus grandes puissances, découvert haut perché dans une villa fortifiée occupant un terrain «huit fois plus grand que les autres maisons du quartier» et disposant de mesures de sécurité «extraordinaires» avec des murs hauts de 5,5 mètres. La villa d’Abottabad, estimée à un million de dollars, est louée par un indu-occupant et son frère sans aucune source de revenus.

Dans ce décor ubuesque, situé en zone militaire très sensible, le séjour de Ben Laden n’a tenu qu’au fil d’Ariane du messager (l’indu-occupant de la villa), en contact direct avec le chef d’al Qaîda , permettant aux espions américains de remonter la piste Ben Laden. Soit. Mais, comment est-il possible de réussir l’opération héliportée d’Abottabad en pleine zone militaire sans l’aval ou du moins la connaissance des autorités pakistanaises qui ont pourtant contribué, selon la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, à la localisation de Ben Laden.

Des doutes sur la fidélité de l’allié jugeant avoir accompli «sa part» de travail et décidant du lancement d’une «enquête complète» sur la déficience des services pakistanais ? Cette thèse est défendue par le conseiller Brenan estimant «inconcevable» que Ben Laden n’a pas profité de l’aide de responsables pakistanais lors de sa cavale. C’est aussi le cas des membres du Congrès américain qui ont demandé au Pakistan d’expliquer comment Ben Laden a pu vivre confortablement dans une villa cossue d’Abottabad, une ville de garnison à deux heures d’Islamabad, au nez et à la barbe de l’appareil sécuritaire.

La culpabilisation du Pakistan fait l’affaire de Washington qui garde la main haute sur le dossier brûlant de Ben Laden. Elle n’en fait pas moins la victime du «djihad», proclamé par al Qaîda en 2007 contre Islamabad pour son soutien à la «guerre contre le terrorisme» menée par Washington et pour lequel elle a payé le prix fort de la coopération sécuritaire : 4.200 morts et près de 460 attentas-suicides dans tout le pays. L’afghanisation du Pakistan, aux édifices et autres check-points policiers et militaires renforcés, fait l’effet d’un boomerang sur une alliance tripartite démembrée : l’avortement de la menace du «péril rouge» a rendu caduc le temps des Ben Laden, de ses financiers et du parrainage pakistanais. Fin de chapitre.

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