Top

Maroc : Manifestations pour dire « Non à la nouvelle Constitution »

le 4 juillet 2011 à 16:17 

Des milliers de manifestants ont exigé plus de réformes politiques en dépit de l’approbation par référendum d’amendements constitutionnels limitant les pouvoirs du roi.

Quelques milliers de personnes ont manifesté pacifiquement, hier soir, dans des villes marocaines pour réclamer des réformes plus profondes, au lendemain du référendum constitutionnel qui a été largement approuvé par les Marocains. Des cortèges et des rassemblements ont eu lieu notamment à Rabat, Casablanca et Tanger, à l’appel du Mouvement du 20 Février, qui est à l’origine de la contestation dans le royaume depuis le début de l’année. Des islamistes de l’association «Al Adl Wa Ihssan» (Justice et bienfaisance), interdite mais tolérée par les autorités, ont participé à ces démonstrations de force.

A Casablanca, un important dispositif policier a encadré les protestataires, alors que des contre-manifestants ont lancé des pierres dans leur direction. Selon un journaliste de l’AFP, un militant a été blessé. A Rabat, le défilé a parcouru dans le calme le boulevard Hassan II et Mohammed V, une grande artère qui mène au Parlement. Les manifestants scandaient «Nous sommes là pour un meilleur avenir». Tapant dans leurs mains levées vers le ciel, les protestataires réclamaient sur des banderoles «Dignité, liberté et justice sociale». En tête des cortèges, on pouvait lire : Mamfakinch» (nous ne lâcherons pas). Les manifestants étaient également nombreux dans d’autres villes comme Tanger. Cette mobilisation intervient après un référendum qui a approuvé, vendredi, à une très vaste majorité des réformes qui donnent davantage de pouvoirs au Premier ministre, mais conservent de larges prérogatives pour le roi Mohammed VI. Le pouvoir a salué ces réformes comme un pas vers une monarchie plus parlementaire, mais les contestataires du Mouvement du 20 Février les ont jugées insuffisantes. A Casablanca, un manifestant de 22 ans, Bilal Chihab, a assuré : «Je suis étudiant, je n’ai pas d’argent, je fais des études dans des conditions difficiles et je veux que ma vie change.

C’est pour ça que je manifeste aujourd’hui.» «Je suis ici pour protester contre la nouvelle Constitution qui n’a rien changé et qui renforce encore plus les pouvoirs du roi», a déclaré Omar, un salarié du privé, âgé d’une trentaine d’années. Le Mouvement du 20 Février avait appelé au boycott du référendum, à l’instar de trois petits partis de gauche et d’un syndicat. Le Mouvement du 20 Février comprend des jeunes de tendances politiques différentes : des jeunes «cyber militants», pour la plupart indépendants, des gauchistes et des islamistes du Mouvement Justice et bienfaisance. Le Mouvement revendique des réformes pouvant conduire à l’établissement d’une monarchie parlementaire, en s’inspirant notamment du modèle espagnol, une plus grande justice sociale, et la fin de la corruption dans un pays où un grand nombre de jeunes est au chômage. Les autorités accusent souvent ces jeunes militants d’être «noyautés» et «manipulés» par les islamistes du Mouvement Justice et bienfaisance et par les courants d’extrême gauche.

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom