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Egypte: La mouvance islamique à l’épreuve du changement politique

le 5 avril 2011 à 16:05 

La mouvance islamique en Egypte n’est plus en reste des changements générés par « la Révolution du 25 janvier » après la chute du régime Moubarak au moment où des forces politiques appellent à la formation d’une alliance pour contrer la « politisation de la religion ».

« Le mouvement des frères musulmans » est l’une des premières forces ayant bénéficié de ce vent de changement. En effet, ce mouvement s’est vu libérer de l’interdiction dont il faisait l’objet et a repris ses activités publiquement.
Son bureau d’orientation a annoncé la formation du parti « liberté et justice » et le guide (mourchid) du mouvement, Mohamed Badi, a confié sa direction à Saad EL Katatni, membre du bureau d’orientation.

Même interdit durant l’ancien régime, le mouvement des frères musulmans activait et concluait des alliances avec des partis légaux tels le parti libéral lors des élections de 1987 et le parti ouvrier durant les années 90. En 2005, il obtient 88 sièges et en 2010 il se retire au deuxième tour des élections.

Le mouvement des Frères musulmans traverse actuellement « une crise interne », selon la presse locale qui cite un dirigeant du mouvement qui explique que la décision d’interdire aux membres du mouvement d’adhérer à d’autres partis est à l’origine de cette crise.

Lors d’un congrès organisé récemment par les jeunes « Frères musulmans » ayant contribué à la « Révolution du 25 janvier », le mouvement avait fait l’objet de sévères critiques.

Les intervenants à cette conférence ont souligné l’importance « de relancer les libertés générales au sein du Mouvement, de participer à la prise de décision et d’accepter les critiques ».

Cette « rébellion » de la jeunesse des Frères musulmans n’a pas été du goût des leaders du mouvement qui ont tenté d’ailleurs de minimiser son ampleur. « Les Frères musulmans n’ont jamais exclu la liberté de penser ou de communiquer », a souligné à cet effet Issam El-aryane, membre du bureau d’orientation du mouvement qui a estimé que « nous sommes dans un nouveau contexte où nous sommes appelés à répondre à ses exigences ».

Par ailleurs, les observateurs estiment que la « révolution du 25 janvier » a favorisé la montée sur la scène politique des groupes salafistes. Plusieurs actes de violence se sont enchaînés récemment, selon la presse qui les imputent à ces mouvements salafistes dont la destruction d’une église dans la province de Helouane, l’agression d’un copte, la profanation de tombes ainsi que l’interdiction de prêches animés par des imams relevant du ministère des Affaires religieuses.

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Ces actes avaient été dénoncés par toutes les franges de la société égyptienne notamment les dignitaires soufis qui ont mis en garde contre la discorde et appelé à l’intervention du Conseil suprême des forces armées.

Selon des rapports de presse, plus de 90 conférences et rencontres ont été organisées depuis la « révolution du 25 janvier » par le mouvement salafiste (prédication) au niveau des mosquées et de centres de jeunes afin de répondre aux « diffamations » de la presse l’accusant de recourir à la violence.

Cependant certains analystes dont l’écrivain et journaliste Wael Lotfi ont estimé que l’ambiguïté qui marque la scène politique égyptienne est principalement due à la multiplication de factions salafistes, citant notamment la « Daawa salafiste » implantée à Alexandrie, les partisans de la Sunna et de « la Djamiaa Charia » et les salafistes du djihad libérés dernièrement. Au moment où le sentiment de colère monte contre les mouvements salafistes, le secrétaire de l’Assemblée générale des confréries soufies, Ahmed Khalil a refusé tout dialogue avec des groupes extrémistes qui renient l’autre et ses croyances.

A cet égard, Cheikh Abdelkhalek El-Chabraoui, chef de la tariqa chabraouie a menacé de recourir à la violence pour faire face aux dépassements salafistes. Le mufti de la République égyptienne Ali Gomaa a pour sa part mis en garde contre ce qu’il a qualifié de « monopole » sur le discours religieux, insistant sur la nécessité pour tout un chacun de respecter la diversité et le pluralisme, car « la religion ne sera jamais un moyen de répression et/ou d’exclusion ». Par ailleurs, plusieurs analystes ont mis en garde contre le grand risque qu’encourt la scène politique égyptienne du fait de l’entrée sur scène de nouveaux acteurs, ce qui est susceptible de transformer les débats politiques en confrontations communautaires.

Dans ce climat de crainte, près de 19 partis et mouvements politiques ont crée récemment « la coalition civile et démocratique » en vue de rassembler toutes les forces civiles d’Alexandrie et faire face à « l’utilisation exagérée de la religion à des fins politiques ».

La déclaration constitutive de la coalition a appelé à l’instauration de l’Etat de droit, un Etat institutionnel et à la rédaction d’une nouvelle constitution pour un Etat civil fondé sur les principes de citoyenneté et de démocratie.

« L’Assemblée nationale du changement », dirigée par le candidat à l’élection présidentielle, l’opposant Mohamed Baradai a exprimé le souci d’instituer « une large coalition civile et démocratique » qui engloberait tous les Egyptiens, les partis, les personnalités publiques et toutes les catégories sociales qui rejettent l’utilisation de la religion à des fins politiques politique ».

Pour dissiper ces craintes, le Conseil suprême des forces armées a assuré lundi que l’armée ne permettra pas à des courants extrémistes de contrôler l’Egypte.

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