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Une semaine qui pourrait tout changer pour DSK

le 5 juillet 2011 à 0:10 

Les événements s’emballent dans l’affaire DSK et mettent la classe politique française, droite et gauche confondues, en effervescence.

Les hypothèses d’un «piège», de connexions politiques entre l’hôtel Sofitel de New York et des officines dans l’Hexagone (pour certains, même d’un possible complot politique) s’invitent dans l’actualité depuis que les derniers éléments du week-end livrés par la presse new-yorkaise évoquent un possible abandon des charges contre DSK et du procès même, et ce, avant le 18 juillet prochain, date de sa prochaine comparution. Comme nous l’écrivions dans cet article du 16 mai, l’affaire DSK «pourrait brouiller toutes les cartes».

Alors que depuis son inculpation pour viol présumé par la justice new-yorkaise, tous les projecteurs étaient braqués sur DSK, sur la personnalité de l’ancien DG du FMI, ses penchants «pervers» et tous ses «travers», depuis sa libération sur parole vendredi dernier eu égard au manque de crédibilité de la présumée victime – Nafissatou Diallo — et malgré le maintien par le procureur des charges retenues contre lui, c’est cette dernière qui capte depuis tous les regards et qui se retrouve au centre de toutes les enquêtes. Elle aurait menti sur presque tout et comment la croire sur l’agression dont elle aurait été la victime présumée ? C’est en tout cas ce que dit maintenant la presse américaine sur la foi des enquêtes lancées par le procureur lui-même qui semble, selon cette même presse, découvrir «une face cachée» loin de l’image véhiculée jusque-là et qui a amené ce procureur à décider de l’inculpation de DSK et de toutes les mesures de caution, d’assignation à résidence, de bracelet électronique.

Nafissatou Dialllo, cette femme de chambre d’origine guinéenne, aurait menti et changé de version à maintes reprises : sur les conditions d’obtention, en 2002, de son asile politique (à cause d’un viol subi en Guinée, puis de mutilations génitales dont elle aurait été victime) ; sur les conditions aussi de l’agression par DSK, les versions présentées par l’intéressée ont notablement changé.

Les enquêteurs ont, par ailleurs, et dès le lendemain de l’accusation de DSK, mis sur écoute Nafissatou qui aurait téléphoné à un dealer emprisonné et évoqué avec lui «les possibles bénéfices» qu’elle pourrait tirer de cette affaire affirmant à son interlocuteur «ne t’inquiète pas, ce type a beaucoup d’argent. Je sais ce que je fais». La poursuite de l’enquête révélera que ce même dealer aurait versé à plusieurs reprises de grosses sommes d’argent dans le compte de Nafissatou qui n’avait pas moins de 100 000 dollars dans son compte. Mieux encore, la présumée victime, selon le New York Post, aurait eu des activités de prostitution dans le Sofitel qui l’employait. Face à cette série de découvertes en cascade, le procureur Cyrus Vance Jr est bien obligé de reconnaître que l’intéressée n’est plus crédible et que s’il continuait à poursuivre DSK, c’est son propre devenir qui est en jeu, dans la mesure où il doit se représenter au poste de procureur, un poste électif.

Beaucoup de commentateurs en France comme aux Etats-Unis considèrent qu’il va abandonner les charges contre DSK et que ce dernier pourrait bénéficier très vite d’un non-lieu, avant le 18 juillet. Les nouveaux faits révélés comme cette hypothèse d’abandon des poursuites ont très vite mis le feu aux poudres ici en France. Au sein du PS, le scénario d’un retour de DSK dans la course pour les primaires est remis sur le plateau, même si le dépôt des candidatures pour ces primaires est fixé au 13 juillet courant. Martine Aubry, candidate déclarée, considère que si DSK est innocenté «personne n’osera lui opposer un quelconque calendrier».

François Hollande, autre candidat aux primaires socialistes donné favori par les sondages, dit «n’avoir aucune réserve par rapport à l’idée de reporter la date de clôture du dépôt des candidatures» . Les uns comme les autres semblent toutefois quelque peu perturbés par cette nouvelle donne et pensent qu’il est peu probable que DSK, même s’il obtient un non-lieu, soit prêt psychologiquement à se lancer dans la bataille de la présidentielle. Aujourd’hui, si tout bruisse sur «va-t-il se présenter s’il est innocenté ?», il y a une autre interrogation qui s’exprime et des doutes qui s’installent notamment chez les fidèles de DSK qui évoquent «de possibles connexions politiques dans cette affaire».

L’on s’interroge notamment sur le comportement des dirigeants du groupe Accor (propriétaire du Sofitel) et sur le fait que le service de renseignement de l’Elysée aurait été prévenu de l’arrestation de DSK vers 23h45, soit une heure après son arrestation. L’interrogation concerne également les nombreux tweets émis très vite par un militant UMP sur l’affaire DSK. Même en dehors du PS, des doutes s’installent : François Bayrou, patron du Modem, n’a pas totalement écarté la thèse du complot, répondant dimanche soir à un journaliste : «Je n’y croyais pas une seconde… aujourd’hui, je ne sais plus.»

En attendant, le groupe Accor s’est fendu d’un communiqué dans lequel il nie formellement toute intervention de ses dirigeants dans l’affaire DSK. Quant à l’Elysée, aucun communiqué officiel après ces insinuations de complot, mais une intervention du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui reconnaît qu’il a été informé par son directeur de cabinet de l’arrestation de DSK une heure après son arrestation et qu’il «est normal » qu’un grand groupe hôtelier prévienne l’Elysée.

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