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Zuma et Medvedev veulent faire entendre leur voix auprès de l’Otan

le 5 juillet 2011 à 0:29 

Le président russe a rencontré hier son homologue sud-africain en marge d’une réunion du Conseil Otan-Russie, consacrée notamment à la Libye, où Moscou et Prétoria pourraient appeler l’Alliance à cesser ses raids aériens contre le régime du colonel Kadhafi.

Le président sud-africain Jacob Zuma a rencontré le président russe Dmitri Medvedev dans la ville de Sotchi, sur les bords de la mer Noire, juste avant des pourparlers avec le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, dans le cadre d’une réunion du Conseil Otan- Russie au niveau des représentants permanents, qui réunira les ambassadeurs des 28 (bien 28) Etats membres de l’Otan. «J’aimerais que les représentants de l’Otan entendent, à la fois de ma part et peut-être de la vôtre Monsieur le Président (Zuma), ce qui se passe dans ce pays», en Libye, a déclaré le président russe. M. Zuma a assuré de son côté que rencontrer les membres de l’Otan «serait très utile en termes d’interaction, car ils pourraient apprendre quelles sont les préoccupations actuelles de l’Union africaine (UA)».

Selon des responsables sud-africains, parlant sous couvert de l’anonymat, MM. Zuma et Medvedev pourraient faire une déclaration commune, appelant l’Otan à cesser ses raids aériens contre le régime du colonel Kadhafi. L’Afrique du Sud avait annoncé dimanche la visite en Russie de son président après un sommet de l’Union africaine durant lequel l’organisation a adopté un texte qui doit servir de base à des négociations futures entre les parties libyennes. Ce texte prévoit d’écarter le colonel Mouammar Kadhafi des négociations, tout en refusant d’appliquer le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale contre le dirigeant libyen pour crimes contre l’humanité. Le document n’appelle pas en outre explicitement le colonel Kadhafi à céder le pouvoir. Il prévoit par ailleurs le déploiement d’une «force de maintien de la paix». Les rebelles ont rejeté dimanche cet accord-cadre car il «n’inclut pas le départ de Kadhafi, de ses fils et de son cercle rapproché», a expliqué Abdel Hafiz Ghoga, un de leurs porte-parole.

Hier, le chef du Conseil national de transition (CNT) a renchéri qu’il n’y avait «aucune chance, actuellement ou dans l’avenir, pour que Kadhafi reste en Libye» tout en reconnaissant qu’une telle offre lui avait auparavant été soumise. Le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, répète lui à l’envi qu’il ne cédera pas à la pression militaro-diplomatique. Son fils aîné, Mohamed Kadhafi, a de surcroît accusé des pays occidentaux d’avoir envoyé des commandos à Tripoli pour «éliminer physiquement» le colonel, selon le président russe de la Fédération internationale des échecs (Fide), Kirsan Ilioumjinov, en visite en Libye, cité par l’agence russe Interfax. M. Ilioumjinov avait déjà rencontré à la mi-juin à Tripoli le colonel Kadhafi, avec lequel il avait disputé une partie d’échecs. Comme l’Afrique du Sud, la Russie cherche à jouer un rôle de médiateur dans le conflit en Libye.

Le président Dmitri Medvedev a envoyé en juin un émissaire dans ce pays pour discuter avec les deux belligérants. De son côté, fin mai Jacob Zuma, mandaté par l’Union africaine, s’était rendu à Tripoli pour rencontrer Mouammar Kadhafi et tenter, sans succès, une médiation. La Russie s’était abstenue d’opposer son veto en février au Conseil de sécurité à la résolution 1973 qui a donné lieu à l’intervention occidentale en Libye, mais en a ensuite dénoncé l’interprétation de l’Otan.

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