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Printemps arabes : Les pays arabes dans la tourmente

le 6 février 2012 à 18:37 

L’ambassadeur qui n’a rien vu venir, a immédiatement été remercié et a laissé la place à un autre qui sera d’ailleurs chahuté plus tard. Nous nous sommes beaucoup gaussés en Europe du printemps arabe lorsque les premières manifestations investissaient les rues de Tunis.

Même les Français pourtant très au fait de la profonde rancœur populaire de ce pays à l’endroit de ses dirigeants ont été pris de court. Personne ne s’attendait à une telle déferlante. Au point d’ailleurs que l’ambassadeur qui n’a rien vu venir a immédiatement été remercié et a laissé la place à un autre qui sera d’ailleurs chahuté plus tard.

Des ministres de la République comme Alliot Marie en charge de l’intérieur à l’époque, qui n’avait rien compris non plus, demandait à l’Assemblée nationale davantage de renforts au Président Ben Ali. Cette précipitation lui vaudra en partie son poste. En fait on était en face non pas d’une protesta citoyenne comme il en existe un peu partout dans la région mais bel et bien d’une révolution, d’un tsunami dont l’épicentre était Tunis. C’est lorsque le dictateur et son épouse quitteront la capitale , de nuit à l’abri des regards que le monde entier prendra conscience enfin que quelque chose s’était brisée dans le monde arabe. Cette révolution du jasmin qui réclamait plus de liberté et plus de démocratie mettait à nu en réalité l’incroyable gabegie de Ben Ali et de sa fratrie, et posait inévitablement la question, tous les dirigeants arabes sont-ils aussi corrompus et jusqu’à quel point ?

Les Tunisiens se sont aperçus au fur et à mesure de leurs enquêtes que leur chef de l’Etat s’était largement empiffré. Avant de fuir par exemple, madame Ben Ali, sur instruction de son mari, a retiré de la Banque centrale près de 7 tonnes d’or. On estime que son frère aîné dispose d’une fortune qui avoisine les 10% du produit intérieur brut (PIB), autrement dit de plusieurs milliards de dollars. La télévision tunisienne a montré les monceaux d’or, de bijoux et de devises planqués par Ben Ali dans l’une de ses innombrables résidences au bord de l’eau.

La mèche allumée par les Tunisiens ne tardera pas à embraser le Moyen-Orient et même certains pays du Maghreb où les peuples, jusque-là tétanisés, vont s’apercevoir que leurs zaïms qui les ont longtemps dirigés et brimés, n’étaient en fait que des prédateurs qui se sont grassement enrichis.

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