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Election en Italie qui confirme son ingouvernabilité chronique

le 6 mars 2018 à 14:53 

Le résultat du premier tour des législatives en Italie, laisse perplexe les Italiens eux-mêmes concernant la suite, alors pour un regard étranger, c’est encore plus indéchiffrable. Les résultats bruts donnent la droite et l’extrême droite en tête, mais les scores historiques des populistes du Mouvement Cinq Etoiles, et de l’extrême droite de Matteo Salvini, semblent nettement brouiller les cartes, et plongent le pays dans l’incertitude politique.

Quelques certitudes tout de même, le succès remporté comme dans de nombreux pays européens, par les discours d’opposition, qui se traduit par la montée en puissance des discours anti. C’est-à-dire essentiellement anti-immigration et anti-Europe.

C’est finalement, la coalition formée par Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue et le petit Parti Fratelli d’Italia, qui arrivent en tête en obtenant 35 % des voix, selon les projections données par les télévisions italiennes. Cependant, le « cavaliere“ qui s’était présenté à Bruxelles comme le seul rempart contre les populistes, et les forces anti-euro, semble avoir perdu de sa superbe, car à l’intérieur de cette coalition, c’est en fait, la Ligue de Matteo Salvini, formation alliée de Marine Le Pen en Europe, qui est en tête, selon ces projections.

A côté de cela, les antisystèmes du Mouvement 5 Etoiles (M5S) fondé par le comique Beppe Grillo en 2009, confirment de leur côté leur montée en puissance, devenant le premier Parti en Italie avec un score dépassant les 32 %.

Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi, de son côté doit se résoudre à admettre le mauvais résultat, que les sondages avaient prévu avec un score proche de 20 %. C’est la moitié moins que celui obtenu aux élections européennes de 2014.

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Une fois les chiffres mis sur la table, les choses se compliquent, car il faut compter avec la complexité du mode de scrutin pour l’élection de la Chambre des députés et du Sénat. La nouvelle loi électorale mélange les systèmes proportionnels et majoritaires, et ces estimations ne permettent pas de donner une idée précise de la composition des deux chambres.

De nombreux scénarios peuvent se dessiner, allant d’une majorité de droite, ou face au péril la création d’une grande coalition des modérés de centre-gauche et centre droit. On peut imaginer une alliance contre-nature, mais de circonstance entre les populistes du M5S et de l’extrême-droite de la Ligue, bien que leurs dirigeants s’en soient toujours défendus.

La suite peut prendre une tournure assez étrange pour nous, tout ceci risque de se retrouver entre les mains du président italien, Sergio Mattarella, qui de son côté peut confier un « mandat exploratoire » à celui ou celle qui lui paraîtra en mesure d’obtenir une majorité devant le Parlement.

Une chose est sure, l’Italie reste l’Italie, elle préserve son image de pays où règne une instabilité gouvernementale permanente. Claudio Tito dans un éditorial dans La Repubblica écrit « L’ingouvernabilité est désormais une maladie endémique ».

Crédit photo : Claudia Anzisi

 

 

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