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Procès de Moubarak : « on a tué nos enfants avec des balles »

le 6 septembre 2011 à 6:37 

Le procès de Hosni Moubarak et de ses deux fils, Alaa et Gamal, a repris hier sur fond d’affrontements devant le tribunal entre ses partisans qui scandaient «nous ne t’abandonnerons pas» et ses opposants qui lançaient «châtiment, châtiment» et «on a tué nos enfants avec des balles».

Un manifestant anti-Moubarak détient une corde et une balance devant le tribunal, lors du procès Moubarak.

La police anti-émeute a dû intervenir avant l’ouverture de l’audience consacrée à définir les responsabilités de chacun dans les meurtres des manifestants durant les 18 jours de la «révolution du Nil». Moubark, 83 ans, poursuivi pour «corruption, détournement de fonds publics, abus d’influence et meurtre avec préméditation de 846 Egyptiens» a comparu, hier, comme lors des deux premières audiences, les 3 et 15 août à l’Ecole de police du Caire où a été installé le tribunal : allongé sur une civière. Comme lors des trois audiences, les trois Moubarak ont plaidé non coupables.

Pour protéger les témoins-les quatre premiers, des policiers, dont le général Hussein Saïd, chef du service des communications au sein des Forces de la sécurité centrale, ont été entendus hier-, Ahmed Rifaat, le président du tribunal, a décidé de ne plus retransmettre le procès jusqu’au verdict. Dilemme des juges qui ont opté pour un huis clos ? Etablir si Moubarak a donné l’ordre d’ouvrir le feu sur la foule ou si la responsabilité en revient à Habib El-Adly, le ministre de l’Intérieur qui est jugé aussi. Selon l’acte d’accusation, l’ex-raïs s’est rendu complice, avec son ministre de l’Intérieur, du meurtre avec préméditation de manifestants pacifiques.

On lui reproche d’avoir autorisé El-Adly à faire usage de munitions réelles, des faits passibles de la peine de mort. La défense qui a été renforcée hier par une équipe de dix avocats koweïtiens par «reconnaissance» à son soutien à leur pays durant l’invasion irakienne en 1990, ne désespère pas de ramener à la barre Omar Souleïmane, l’ancien chef des services de renseignement Omar Souleïmane, Hussein Tantaoui, l’ex-ministre de la Défense et actuel chef du Conseil suprême des forces armées, l’instance qui dirige l’Egypte, pour apporter leur «témoignage» et, aider la Cour à déterminer si Moubarak qui n’aurait pas «un seul dollar à l’étranger» a donné l’ordre à son ministre de l’Intérieur de tirer sur les manifestants. Les analystes se demandent si ce procès, le premier d’un dirigeant arabe, pourrait apaiser la colère des Egyptiens qui attendent depuis la chute du dernier Pharaon des réformes politiques et économiques.

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