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Maldives : Putsch ou démission ?

le 8 février 2012 à 18:43 

«Ils m’ont dit que si je ne démissionnais pas, ils devraient faire usage de leurs armes. J’ai pris cela pour une menace.»

L’ancien président des Maldives, Mohamed Nasheed, a affirmé ce matin à l’AFP avoir été «forcé de démissionner» par des policiers armés et des officiers de l’armée lors d’un coup d’Etat. Dans un entretien par téléphone depuis Malé, la capitale de cet archipel de l’océan Indien, M. Nasheed a déclaré s’être rendu au siège de l’armée hier où il a trouvé environ 18 policiers et officiers de l’armée «de rang intermédiaire» contrôlant les bâtiments.

Il a cependant rejeté l’hypothèse religieuse pour expliquer l’arrivée au pouvoir du nouveau président, affirmant que le gouvernement était opposé à tout «extrémisme». «Il est grotesque de dire que c’était un coup d’Etat islamiste. Nous sommes un modèle d’islam modéré», a-t-il assuré, se refusant à tout commentaire sur les portefeuilles ministériels que pourrait remporter le parti religieux Adhaalath Party.

En réponse aux allégations selon lesquelles il s’est emparé du pouvoir lors d’un coup d’Etat soutenu par des extrémistes islamistes dans cet archipel de l’océan Indien, le nouveau président des Maldives devait former aujourd’hui un gouvernement d’«unité nationale».

C’est donc hier que l’ancien vice-président, Mohamed Waheed, a été investi nouveau chef de l’Etat après la «démission» du désormais ex-président Mohamed Nasheed, dans la foulée d’une mutinerie de policiers et de semaines de manifestations d’opposants dans la capitale de l’archipel, peuplé de 330 000 musulmans sunnites. Une participation du parti de M. Nasheed, le Maldives Democratic Party (MDP), était cependant incertaine après la diffusion de communiqués hier soir du MDP condamnant un «coup d’Etat» soutenu par des «éléments véreux» dans la police et l’armée.

Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Naseem, a de son côté accusé ce matin les partis islamistes d’être responsables de la démission du président : «J’étais avec le Président hier et je sais ce qui s’est passé. Ce n’était rien d’autre qu’un coup d’Etat des islamistes», a-t-il dit à l’AFP. L’armée a catégoriquement démenti avoir joué un rôle coercitif.

Après avoir quitté ses fonctions, Nasheed a été escorté par des gardes jusqu’à sa résidence familiale où il a passé la soirée dans des conditions que M. Naseem a assimilées à une résidence surveillée. L’organisation Amnesty International a pressé ce matin les nouvelles autorités d’éviter de persécuter des membres du parti de Nasheed. La capitale était calme mais des postes de contrôle ont été installés autour des bâtiments de la police et de l’armée.

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