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Tunisie : A qui profite la sortie de l’ex-ministre de l’Intérieur ?

le 8 mai 2011 à 11:26 

Bruits de bottes ou bruits tout court ? Le retour à la normale en Tunisie, à la faveur du redressement politique enclenché par le gouvernement transitoire de Bejji Caïd Sebsi, ne semble pas être du goût de certaines parties qui gravitent autour du pouvoir.

A leur tête l’ancien ministre de l’Intérieur du premier gouvernement transitoire de Mohamed Ghannouchi, Farhat Rajhi, qui a lancé, mercredi dernier, un pavé dans la mare en dénonçant la préparation d’un « coup d’Etat militaire » en cas de victoire des islamistes aux élections de la future constituante le 24 juillet. « Si le mouvement islamiste Ennahda (Renaissance) gagne les prochaines élections, le régime sera militaire (…) », a-t-il mis en garde dans une vidéo postée sur Facebook dont il a confirmé la teneur jeudi sur la radio tunisienne Express FM.

Le « scoop » ou l’« intox » a fait l’effet d’une bombe dans la rue tunisoise. Plus de 200 personnes de ses partisans sont descendus dans la rue de la capitale jeudi et vendredi réclamer la tête de l’exécutif, en appelant, pas moins, à une « nouvelle révolution ». La manifestation a été violemment réprimée par les forces de sécurité témoignant de l’inquiétude générale provoquée par l’annonce de M. Rahji. Le gouvernement provisoire de Caïd Sebsi a vite réagi en dénonçant une « atteinte à l’ordre public » alors que le ministère de la Défense menace de recourir à la justice contre l’ancien ministre. « Ces propos représentent un grand danger pour la révolution du peuple tunisien et pour la sécurité du pays actuelle et future ». Et de poursuivre : « Ces déclarations demandent une analyse approfondie sur les motivations et les objectifs (de M. Rahji) et cela ne peut être fait qu’à travers la justice afin qu’aucune partie ne puisse à l’avenir jouer avec la sécurité du pays et les principes de la révolution».

A qui profite la sortie pour le moins intrigante de M.Rahji ? Face au tollé général causé par ses accusations, et les risques de dérapages sécuritaires, l’ex-ministre est curieusement revenu vendredi sur ses propos en appelant «au calme» juste avant la tenue d’une manifestation de soutien à Tunis relayée par Facebook. «J’ai appelé au calme sur des radios tunisiennes. Mes propos ne sont que des hypothèses dans l’absolu qui ne visaient à porter atteinte à personne et je ne suis pas responsable des interprétations de mes propos », a-t-il déclaré à l’AFP. Il affirme qu’il n’était pas « dans ses intentions de créer un climat de tension dans cette période particulière mais malheureusement j’ai été piégé par les deux journalistes (qui ont posté l’interview sur Facebook) qui m’ont enregistré sans m’avertir et en ne respectant pas ainsi l’éthique du leur métier », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, et en guise de bonne volonté, le gouvernement a indiqué que les anciens responsables du gouvernement du président déchu Ben Ali, membres de son parti, le Rassemblement constitutionnelle démocratique (RCD) ne pourront pas être candidats aux élections du 24 juillet. « Les membres du RCD qui ont assumé des responsabilité ne pourront également pas se présenter », a précisé le porte-parole du gouvernement à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres.

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