Top

Débat sur la Burqa : La France se cherche des poux sur la tête ?

le 8 juin 2011 à 17:02 

Le débat sur le port de la burqa n’est pas près de s’arrêter en France. Les questions religieuses passionnent l’Hexagone… Et en attendant, les réalités économiques du pays sont éludées.

Les Français l’ont compris. Il n’y a qu’une seule façon de rendre la vie dure aux immigrés, particulièrement les musulmans. Leur chercher la petite bête qui les dégoûterait du pays. Des poux dans la tête. Sur ce plan, la panoplie a été particulièrement fournie et même vite trouvée : leur culture ! Il y a quelques années, une véritable campagne médiatique a été menée contre le port du foulard à l’école.

En quoi ce morceau de chiffon pouvait déranger les enseignants au point que des proviseurs ont commencé à jouer aux gendarmes devant leur établissement pour en interdire l’accès à toute élève qui l’arborerait. Ensuite, ce sera au tour des mosquées dont on exigera des imams des prêches en langue française. Et même ces prédicateurs seront soumis à l’agrément des pouvoirs locaux. Quelques-uns seront considérés comme dangereux pour l’ordre public et tout simplement renvoyés dans leur pays d’origine.

Le battage anti-islamique qui secouera alors l’Europe donnera même des idées aux Suisses, pourtant connus pour être très neutres en matière de religion. Ils iront jusqu’à interdire les minarets… Comme si la hauteur d’un minaret pouvait être proportionnelle à la profondeur de cette foi. Un impair que la Confédération helvétique paiera très cher au niveau économique et diplomatique avec la Jamahiriya libyenne. Alors que les services de police enregistraient 2 000 femmes portant la burqa en France sur 800 citées, la France, qui a d’autres préoccupations planétaires, se paiera le luxe d’ouvrir un débat national sur le sujet, et même d’inspirer une loi pour l’interdire.

Et nous ne parlons pas de l’autre débat, beaucoup plus pervers et pernicieux : celui de l’identité nationale, qui a ravivé d’énormes tensions parmi les Français et dont les victimes toutes désignées sont bien sûr les Maghrébins.
Avec l’affaire «Liès Hebbadj», que les services sociaux soupçonnaient de polygamie, le ministère de l’Intérieur est passé allègrement un cran au-dessus. M. Hortefeux, ministre de l’Intérieur, envisagera tout bonnement de le déchoir de sa nationalité.

Or, dans ce pays, qui se targue d’être le défenseur des droits de l’homme, un citoyen ne peut être déchu de sa nationalité qu’en cas de faute extrême, gravissime comme l’espionnage ou l’intelligence avec l’étranger. Cela n’a pas été le cas. Nous constatons dans la foulée que les juifs dans ce pays portent pourtant la kippa sans que personne s’en émeuve ou crie à la forfaiture. Y aurait-il un poids pour les uns et deux mesures pour les autres ? Nous observons enfin que ceux qui ont contribué à libérer la France en sacrifiant leurs vies portaient le turban avant de porter le képi.

Tout est suspect

Même le drapeau algérien est aujourd’hui sujet à débat quand on l’arbore publiquement à Paris ou en Province. Et pourtant, il n’y a là aucun geste de provocation de la part de ceux qui l’exhibent à l’occasion d’un mariage civil à la mairie ou à l’occasion d’une qualification de l’Algérie à la Coupe du monde. C’est une façon de marquer une certaine fierté et de dire son bonheur. Sans plus. Manifestement, des élus français ont été froissés et le clameront bien haut, et iront même jusqu’à interdire ce genre de manifestation.

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (1 votes, moyenne: 5,00 de 5)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom