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Immigration de France : Calculs et hypocrisie

le 8 juin 2011 à 15:17 

Les travailleurs émigrés ont longtemps été majoritairement des ouvriers peu qualifiés, partis travailler en France pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre. Il y aurait, selon certaines statistiques de Paris, plus de quatre millions d’émigrés installés en France, dont les trois quarts originaires du Maghreb.

Au-delà de ce chiffre, probablement vraisemblable, sauf quelques corrections pour l’année 2010, il est curieux de voir comment la politique française de l’émigration joue au yoyo en fonction des conjonctures. Démonstration.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Hexagone était ruiné, de nombreuses villes étaient bombardées, ses ponts étaient détruits, ses routes dans un piteux état et ses infrastructures économiques quasiment obsolètes. Pour reconstruire le pays et le mettre sur les rails de la modernité, deux conditions devaient être remplies : de l’argent, beaucoup d’argent, et, bien sûr, énormément de main-d’œuvre. La première condition sera satisfaite par le plan Marshal, dont les dollars américains inonderont toute l’Europe. Quant à la seconde, elle était, de toute évidence, vite trouvée et sautait même aux yeux : le bassin inexploité des bras valides et peu exigeants des colonisés.

Des instructions très fermes seront données à toutes les mairies hors Hexagone pour encourager les chômeurs à venir en France. A cette époque-là, leurs qualifications et leur expérience importaient peu. L’essentiel est qu’ils apportaient leur force de travail. Et c’est ainsi qu’un immense appel d’air a été créé entre la France et ses colonies qui verra des dizaines, voire des milliers d’expatriés arriver pour prendre part à la longue et difficile reconstruction du pays. Ces expatriés seront recrutés dans tous les chantiers, surtout ceux du bâtiment dans les villes, à la campagne, dans les banlieues, sur les routes, sur les ponts. Bref, partout où l’on trouve des échafaudages, des grues à faire tourner, du bitume à étaler, des murs à ravaler et des façades à peindre et rafraîchir.

A la guerre comme à la guerre ! Certains seront logés dans des hôtels miteux, à bas prix, d’autres habiteront des centres d’hébergement, gérés par d’impitoyables marchands du sommeil et où un même lit est loué 3 fois par jour (huit heures pour chaque travailleur). Pour rendre plus «clément» leur séjour et surtout les empêcher de retourner chez eux, les pouvoirs publics encourageront le regroupement des familles. A coups de primes et de facilités de toutes sortes et comble de l’hypocrisie, ils fermeront les yeux sur les familles polygames. Aujourd’hui, les Français curieusement élèvent des voix outrées contre ce genre de pratiques qu’ils qualifient d’un autre âge. Mieux, ils feront la chasse aux familles africaines pour débusquer les «femmes» en trop pour les conduire très vite à la frontière.

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