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Immigrés de France : où s’arrêtera t-il le vent de la xénophobie ?

le 8 juin 2011 à 16:09 

Les tirailleurs algériensW, appelés aussi Turcos, étaient des unités d’infanterie appartenant à l’Armée d’Afrique qui dépendait de l’armée de terre française. Ces unités à recrutement majoritairement indigène (70-90% selon les époques), ont existé de 1842 à 1964.

Quels que soit les grands discours humanistes qu’elle a servis pour sa consommation extérieure au reste du monde, la France n’a jamais été guidée que par ses propres intérêts. Elle a construit son empire sur les richesses de ses territoires en Afrique, en Asie et en Polynésie. Même les citoyens de ces territoires lointains qu’elle a longtemps administrés ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à sa pérennité.

Pendant la Seconde Guerre mondiale et surtout la Première, le pouvoir français a enrôlé dans les rangs de son armée des centaines de milliers d’appelés des colonies ou des protectorats. Des personnes qui n’ont jamais représenté à leurs yeux plus que des sous-hommes taillables et corvéables à merci.

Des dizaines, voire des centaines de tirailleurs sénégalais, laisseront leur vie dans les tranchées de Verdum. Des soldats algériens tiendront la dragée haute aux assauts répétés des troupes allemandes. Et, enfin, des appelés marocains seront littéralement broyés par les boulets de l’ennemi.

Au cours de la libération de l’Italie par les alliés, des soldats algériens feront montre d’une telle bravoure qu’ils seront cités dans l’ordre des armées. Au lendemain de l’armistice, alors que la France fêtait sa victoire le long des Champs-Elysées à coups de champagne et de bals populaires, des milliers de soldats démobilisés rejoignaient leurs foyers. Les uns invalides à vie, les autres blessés et grossièrement soignés dans les hôpitaux de campagne, mais tous traumatisés par ce qu’ils venaient de vivre un cauchemar qui aura duré plus de cinq ans. Beaucoup ne reverront jamais leurs familles. Ils seront enterrés en pleine fournaise, souvent au bord d’une piste, d’un sentier ou au pied d’une colline. Les plus chanceux seront inhumés dans un cimetière, un peu partout à travers le territoire français, comme à Carpentras, par exemple.

Maintenant que ces défunts ne servent plus à rien, pas plus d’ailleurs que leurs descendants, dont Hortefeux estime qu’ils encombrent la France, toutes les dérives pour salir leur image sont permises. Il ne se passe pas un jour sans que des militants de l’extrême droite écrivent des insultes sur leurs tombes, quand ils ne souillent pas carrément leurs sépultures. Même les morts dans ce pays dérangent. Ils resteront les éternels boucs émissaires d’une nation qui s’est trompée de rêve.

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