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Tunisie : La révolution à la croisée des chemins

le 8 juin 2011 à 12:45 

Ceux qui font dans la «symbolique» suggèrent au gouvernement de prendre suffisamment de recul et de faire coïncider ce scrutin au 13 janvier prochain avec le premier anniversaire de la révolution.

Le premier grand rendez-vous démocratique de la Tunisie post-Ben Ali sera donné, aujourd’hui, par M. Béji Caid Essebsi, le Premier ministre du gouvernement de transition, à l’issue d’une réunion présentée comme «cruciale» au palais des congrès avec les représentants des partis politiques. Mettra-t-il fin à la confusion politique ? De l’avis de nombreux observateurs, le sort de la révolution du Jasmin est en jeu.

La plupart des partis (81 dont 6 sont le produit de scission du RCD de Ben Ali) ont souhaité le report de scrutin au 16 octobre comme l’a suggéré la commission électorale qui a mis en avant des questions techniques et logistiques qui ne lui permettraient pas d’assurer un scrutin crédible et transparent le 24 juillet prochain comme annoncé. Certains estiment que même cette date serait difficile à respecter. Comme «aléas» possibles, ils citent la liste des interdits de candidature à arrêter et le temps que pourraient prendre les recours de ceux qui pourraient contester la décision de l’instance pour la réalisation des objectifs de la révolution. Ceux qui font dans la «symbolique» suggèrent au gouvernement de prendre suffisamment de recul et de faire coïncider, ce scrutin avec le 13 janvier prochain, premier anniversaire de la révolution.

D’autres suggèrent d’aller, en premier, vers une élection présidentielle et de soumettre ensuite des projets de constitution à un référendum. Ennahda, le mouvement islamiste, qui a gelé ses activités à l’instance, crie au complot. Rached Ghannouchi, son président, qui redoute que sa popularité ne s’effrite, voit dans le report des élections «d’une manière unilatérale», l’existence d’un «complot visant à empêcher les Tunisiens d’aller aux urnes». «Nous entendons de plus en plus parler de l’idée d’exclure l’élection d’une Assemblée constituante, et nous n’excluons pas que d’autres scénarios alternatifs poussent à abandonner les prochaines élections» dit-il. D’où l’inquiétude de la population sur la capacité du gouvernement et des partis à fixer «une nouvelle date» pour obtenir des résultats incontestables et trancher avec des institutions provisoires qui durent depuis six mois. Autre casse-tête pour le gouvernement en mal de légitimité : le front social qui bouillonne, le retour des différends tribaux et l’arrivée massive des réfugiés libyens et la chute d’au moins 50% des recettes touristiques cette année.

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