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La bataille commerciale est lancée pour la reconstruction de la Libye

le 8 septembre 2011 à 11:56 

Il n’y a pas lieu d’en douter, le «printemps arabe» s’avère fructueux pour les affaires.

Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, l’énonce clairement. «Les perspectives de croissance, a-t-il déclaré, sont telles (…) que nous aurons rapidement affaire à un marché de masse, si comme nous l’espérons, le printemps arabe tourne bien». Le futur eldorado organise la ruée aux contrats des pays occidentaux laminés par la crise d’endettement et le nécessaire passage au plan d’austérité faisant foi du temps des vaches maigres de l’Europe en difficulté.

Dès lors, il n’y a pas lieu de se faire des complexes ou de «rougir pour faire bénéficier nos entreprises», renchérit le secrétaire d’Etat. Explication somptueuse : «Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a pris des risques politiques et militaires, tout ça crée un climat où les responsables libyens, le peuple libyen savent ce qu’ils doivent à la France».

Au chevet donc de la Libye chaotique, le CAC 40 prenant d’assaut le marché de la reconstruction en Libye évalué par le CNT à 200 milliards de dollars sur 10 ans pour effacer les séquelles de la guerre néo-coloniale facturée à 320 millions d’euros. Près de 400 chefs d’entreprises ont ainsi participé au Medef à une réunion d’information sur la Libye.

Aux grosses pointures, tels Alcatel, Alstom, Peugeot, Total, Bouygues ou Vinci, viennent s’ajouter des patrons des PME mobilisés pour fructifier le «capital de sympathie élevé» et faire profiter les entreprises françaises. Dans ce marché «à prendre et à gagner», les créneaux porteurs sont riches en opportunités d’investissement dans les domaines aussi variés que le pétrole et le gaz, la santé, la sécurité et les infrastructures névralgiques de communication. En pole position dans l’offensive qui a conduit à la chute du régime de Kadhafi, la France qui était seulement le 6e fournisseur et le 2e client, avec 6% des parts de marché détenus par les 44 filiales, postule désormais à «une place de premier rang comme partenaire commercial de la Libye».

Mais, la compétition s’annonce féroce avec l’ancienne puissance coloniale qui entend rester» le partenaire privilégié de Tripoli», son allié britannique qui veut sa part de gâteau, le géant allemand amorçant un recentrage pour mieux revendiquer une contribution active dans le processus de reconstruction, la Turquie d’Erdogan affirmant sans conteste son ambition de se mêler à la course aux contrats. Moscou et Pekin d’un côté, le Qatar de la coalition victorieuse, de l’autre, ne seront pas en reste. Sous le sceau de la «continuité dans les affaires» de la nouvelle Libye, réaffirmée par le CNT à la délégation européenne conduite par le directeur chargé de la gestion de crises au service diplomatique, Agostino Miozzo, la guerre commerciale qui cache mal la volonté de mainmise sur les richesses libyennes bat son plein.

Fait inédit : la conférence, co-organisée par le Medef international et la Chambre de commerce franco-libyenne et censée être consacrée au «CNT et ses projets», n’a accueilli aucun responsable de l’instance transitoire libyenne. Tout un programme.

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