Top

Donald Trump Président : des « caractères » plutôt que du caractère

le 9 novembre 2017 à 6:30 

Évoquer les premiers mois de la présidence Trump, c’est le plus souvent parler de tweets, de petites phrases, d’affaires avec la Russie, de démission, mais rarement d’action politique pure. Pourtant, pendant ce temps-là, le pays continue à tourner, et le président doit bien prendre des décisions. Faisons donc un petit tour d’horizon de l’action présidentielle de Donald Trump, et de ses conséquences.

Sur le plan politique, c’est clairement une suite, au mieux de renoncements, pour ne pas dire de reculades. Près de dix mois après son arrivée au pouvoir, Donald Trump n’a pas la plus petite victoire législative, malgré une majorité républicaine au Congrès. Il a tout de même réussi à faire élire le très conservateur Neil Gorsuch à la Cour suprême.

Plus emblématique des reculades de l’actuel président, l’Obamacare, symbole de ce que Donald Trump ne veut plus, est toujours en place. La faute en grande partie, à l’impossibilité de proposer un projet de remplacement. Pire, le sujet excite les rivalités au sein du Parti républicain, qui n’a pas réussi à se mettre d’accord sur un texte de compromis. Actuellement, l’administration en est réduite à tout faire pour limiter la portée de l’Obamacare.

Toujours concernant la politique intérieure, il ne fait plus aucun doute qu’il faudra attendre pour voir la couleur des 1 000 milliards de dollars d’investissements promis pour reconstruire les ponts et les autoroutes américains. Là aussi, pas vraiment de plan précis de financement, et de plus, c’est la dernière préoccupation du Congrès.

Nous arrivons à la frontière, avec le fameux « mur » qui brille par son absence et la seule chose qui évolue, ce sont les prototypes. Il reste juste à décider le Mexique de payer, faire des appels d’offres, sans oublier de négocier des expropriations avec les propriétaires terriens, qui vont tout faire pour retarder les choses et faire monter les prix. En gros, tout reste à faire…ou rien n’est fait.

Concernant l’immigration, un autre cheval de bataille du candidat Trump, il a signé plusieurs décrets interdisant temporairement l’entrée du territoire aux personnes de certains pays musulmans, que la justice s’est fait un malin plaisir à bloquer systématiquement. Quant au DACA, le programme qui protège de l’expulsion quelque 800 000 jeunes venus enfants, il a dû accorder un délai de six mois aux personnes qui en bénéficient, et il a laissé le Congrès se « démer…. » le soin de trouver une solution.

Your ads will be inserted here by

Easy Plugin for AdSense.

Please go to the plugin admin page to
Paste your ad code OR
Suppress this ad slot.

Que dire, de la diplomatie internationale de Trump ? Si ce n’est, qu’elle comporte deux mots difficiles pour le Président, « diplomatie » et « international ». Les Etats-Unis, allaient faire ami-ami avec la Russie de Poutine, faire plier l’Iran sur le nucléaire, faire plier la Chine pour qu’elle réduise le déficit commercial avec les États-Unis. Actuellement, le pays est en froid avec Moscou, l’accord avec l’Iran est toujours en place, et une rencontre est organisée avec Pékin.

Il y a un sujet, sur lequel le président Trump est resté fidèle au candidat, c’est sur le climat et l’environnement. Il a nommé un climato-sceptique notoire à la tête de l’agence, qui s’appelle ironiquement encore, de la protection de l’environnement. Cela afin de démonter et de revenir sur toutes les réglementations en matière de pollution de l’eau et d’émissions de gaz à effet de serre. Donald Trump, a aussi promis d’autoriser plus de forages sur les terrains fédéraux. Donald Trump, s’est aussi retiré de l’accord de Paris avec cette phrase magique, « j’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas de Paris« .

En politique, on appelle cela un « bilan contrasté », bien sûr comme tous ses prédécesseurs, Donald Trump ne fait pas tout ce qu’il a promis, en cela rien de bien neuf. Cependant, il apparaît consternant que l’immobilisme et la stagnation ne viennent pas seulement, d’un souci de négociation en amont, d’une volonté de se donner du temps ou d’un caractère hésitant. Elle est la conséquence souvent de décisions à l’emporte-pièce, de projets mal fagotés ou de visions trop simplistes.

Rejet, retard, report, repli, protection, annulation, démission, sont des mots négatifs qui reviennent un peu trop souvent pour donner une vision positive et constructive indispensable à une action politique d’envergure. C’est surtout incompatible avec le « rêve américain » que pourtant Donald Trump est censé être le parfait exemple.

Crédit photo : Gage Skidmore

 

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom