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Immigration en France : Quand l’UMP se nourrit des propositions les plus extrêmes

le 10 juillet 2011 à 1:09 

Décidément, l’on ne finit pas avec le débat sur l’immigration en France : il semble décidé ici, par le parti au pouvoir UMP comme par l’exécutif que ce thème occupera la scène à n’en plus finir.

Avec une nouvelle distribution des rôles cependant : à l’UMP et à ses militants les plus radicaux la droite populaire de faire entendre une voix plus forte encore et plus radicale que celle du Front national et au gouvernement, au travers de son ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, de souffler le chaud et le froid, l’essentiel étant d’occuper l’espace. Mais plus que les voix du FN que l’on compte engranger en vue du scrutin de 2012, ce sont tous les maux de la France qui «ont pour origine ces étrangers non communautaires que l’on compte encrer profondément dans les opinions. Pour s’en convaincre, deux événements ont fait l’actualité cette semaine : la convention sur l’immigration de l’UMP qui s’est tenue jeudi 7 juillet et le même jour les déclarations de Claude Guéant sur RMC.

Faut-il ouvrir un débat sur la binationalité, a-t-il été demandé à Claude Guéant. Si l’on n’y prend pas garde, son début de réponse est surprenant : «C’est un faux problème. » Mais le ministre de l’Intérieur et de l’Immigration poursuit : les binationaux n’ont pas le choix parce qu’ils sont binationaux du fait des législations des Etats et selon lui, si l’on demandait à ces binationaux d’abandonner leur nationalité d’origine, ils le feraient. S’il s’agit donc d’un faux problème, il y a cependant une question qui, elle, mérite selon le ministre d’être évoquée, même s’il compte déjà la régler à coups de directives : «La réalité du problème est celle des conditions dans lesquelles on entre dans la nationalité française», a rajouté Guéant qui annonce des décisions déjà prises par lui : «Je vais adresser ces jours prochains une circulaire aux préfets pour leur demander d’être plus vigilants, plus exigeants sur les critères de l’assimilation.»

Et voilà que l’on ne parle plus d’intégration mais d’«assimilation». Guéant ne se prive pas d’ailleurs d’expliquer ce qu’est cette assimilation : «La question est de savoir s’il (le candidat à la nationalité) épouse complètement notre style de vie. S’il a bien intégré les principes républicains les plus fondamentaux, s’il maîtrise le français» et pour cette dernière exigence Guéant précise que dorénavant les postulants à la nationalité française devront avoir un niveau de connaissance du français qui soit celui que l’on maîtrise au collège. Ce sont là, sans tambour ni trompette, les nouvelles dispositions sur la nationalité et l’on comprend mieux pourquoi Guéant affirme dans cette interview à RMC que «le gouvernement n’a aucune intention de modifier la loi dans ce domaine».

En a-t-il vraiment besoin dans la mesure où il va agir, et très profondément, à coups de circulaires ? Il le fera aussi, semble-t-il, pour le regroupement familial dont il convient de lutter «contre les excès», parce que, dit-il, «il y a des fraudes et des abus». Plus globalement, Guéant s’est dit voir un immense intérêt dans la convention UMP qui se déroulait le même jour, sous la présidence de J.-F. Coppé et qu’il allait rejoindre dans la journée : «J’y vois un immense intérêt…

Les propositions qui vont y être faites vont nourrir la réflexion du gouvernement. » Et justement lors de cette convention d’une journée, beaucoup de parlementaires UMP se sont donnés à cœur joie pour invectiver, insulter cette émigration. Des journalistes présents dans la salle rapportent certaines gentillesses comme celle-ci, par exemple : «Vous habitez dans l’un des pays les plus généreux», a souligné le député du Rhône, Philippe Cochet. «Hélas ! hélas», répondent certains dans la salle. «Il y a ceux qui travaillent et ceux qui bouffent», renchérit un militant.

Quant aux propositions sorties de cette honorable assemblée de députés, elles sont au nombre de 23 et touchent à tous les aspects pouvant limiter d’une manière drastique l’immigration légale : un système à points destiné à sélectionner les immigrés en fonction de compétences spécifiques ; l’interdiction, sauf cas très exceptionnel, des régularisations ; le renforcement de l’agence européenne de surveillance des frontières, Frontex ; la mise en place d’un contrat à durée déterminée de 3 à 5 ans pour les émigrés, ou encore pour les employeurs qui envisagent de recruter des immigrés, le paiement d’une taxe et l’obligation faite à ces employeurs d‘assurer des actions de formation en langue française, autrement dit décourager le plus téméraire à recruter un étranger.

Gageons que dans les prochaines directives Guéant en direction des préfets, nombreux de ces points se verront inscrits. Et pour tous ceux qui douteraient sur la volonté de durcissement des conditions à l’émigration, il suffit de dire que l’UMP vient de décider d’une «Convention sur la nation». C’est là le cadeau que fait J.-F. Copé à Lionel Lucas qui exigeait en échange de son retour sur sa démission de chargé de l’immigration de son parti, de maintenir le débat sur la binationalité. Toute cette agitation, avec la bénédiction du gouvernement qui va, là aussi, «se nourrir des propositions».

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