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Royaume-Uni : les émeutes se propagent, Londres opte pour la fermeté

le 10 août 2011 à 16:22 

Les émeutes qui continuent de secouer la Grande-Bretagne sont entrées mercredi dans leur quatrième jour et se sont propagées dans d’autres villes du royaume, faisant des morts et obligeant le gouvernement qui s’est réuni d’urgence dans la journée à adopter des mesures fermes et déployer des renforts policiers.

Les troubles s’étaient déclenchés samedi dernier dans le quartier multiethnique et déshérité de Tottenham, dans le nord de Londres, dans la foulée d’une manifestation pour réclamer « justice » après la mort d’un homme noir de 29 ans, Mark Duggan, tué lors d’une opération des forces de l’ordre contre la criminalité.

Ces incidents ont gagné l’est et le nord de la capitale britannique et se sont également propagés dans plusieurs villes du pays, notamment à Liverpool, Salford, West Bromwich, Wolverhampton, Bristol, Gloucester et Manchester, où des affrontements et des scènes de pillage ont été enregistrés, selon la police.

Batailles rangées entre forces de l’ordre et émeutiers

Des médias ont diffusé des images montrant des batailles rangées entre forces de l’ordre et émeutiers, qui, en profitant de la confusion qui règne dans les rues se sont adonnés à des actes de saccages et de pillages. Plusieurs voitures, magasins et immeubles étaient en feu, montrant ainsi la violence inouïe des heurts, les plus graves depuis des décennies.

« C’est de la violence gratuite et de la criminalité gratuite à une échelle que je n’avais jamais observée auparavant », a affirmé le chef adjoint de la police de Manchester, Garry Shewan.

Dans la capitale Londres, la nuit a été calme bien que la tension est toujours dans l’air. Des groupes d’autodéfense se sont même constitués, regroupant des centaines d’habitants au grand dam des autorités.

Depuis le début de ces incidents, quatre personnes ont trouvé la mort

Depuis le début de ces incidents, quatre personnes ont trouvé la mort, une est décédée de ses blessures reçues lundi à Londres alors que les trois autres ont été écrasées par une voiture à Birmingham, selon la police qui n’a pas précisé si les décès étaient liés aux émeutes. Par ailleurs, quelque 770 personnes ont été interpellées dans la foulée de ces évènements, dont 81 arrêtées dans la capitale.

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Face à cette situation, les autorités britanniques ont adopté un langage plus ferme pour juguler la violence. Mardi, le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé que les effectifs policiers à Londres seraient portés de 6.000 à 16.000 hommes.

De retour forcé de Toscane (Italie), où il passait ses vacances, David Cameron avait convoqué une réunion extraordinaire du Parlement jeudi pour discuter de la situation.

Debout devant sa résidence au 10 Downing street, à Whitehall dans le centre de Londres, M. Cameron a martelé devant la presse qu’ »il fallait une riposte » face aux émeutes, à l’issue d’une réunion d’urgence du gouvernement.

« La police est déjà autorisée à utiliser des balles en plastique », a-t-il dit, soulignant qu’elle disposerait de « toutes les ressources dont elle a besoin » et serait autorisée à recourir à « toute tactique » jugée « nécessaire ». Il a toutefois reconnu que certaines choses allaient « très mal dans la société » britannique.

Ces incidents portent un coup dur à la stature du Premier ministre, élu l’année dernière, qui a fait de la rupture avec les 14 ans de gouvernance du parti travailliste (Labour) de Tony Blair, son cheval de bataille.

Tout en condamnant fermement les émeutiers, l’opposition a imputé ces troubles à la politique d’austérité décidée par les conservateurs au pouvoir et ses coupes budgétaires jugées catastrophiques pour les ménages et les salariés à bas revenus ce qui aiguise la colère populaire.

« Ces faits (…) ajoutés à d’autres coupes affectant les emplois et les services publics, il est difficile de voir comment des quartiers comme Tottenham pourraient être bientôt moins inflammables », a estimé la députée du Labour Diane Abbott.

Pour la presse britannique, ces évènements sont une « honte »

Pour la presse britannique, ces évènements sont une « honte » et un « déshonneur » pour la Nation. Le Daily Mail accuse « l’immoralité désespérée qui fait honte à la Grande-Bretagne ».

La presse européenne a attribué ce climat de violences à la politique d’austérité. La nouvelle génération va « devoir porter le poids de la montagne de dettes que la génération d’après-guerre a laissé grossir avec désinvolture », a écrit la journal allemand le Süddeutsche Zeitung. Plus mesuré, le Frankfurter Allgemeine Zeitung a souligné dans ses colonnes que « le taux de chômage élevé des jeunes, l’exclusion sociale et l’absence de perspectives », ne justifiaient pas la violences.

Quant au quotidien belge, Le Soir, il ne s’est pas montré tendre avec la Premier ministre britannique. « David Cameron pense qu’en cassant les casseurs, il parviendra à stopper l’hémorragie de violence. Mais il n’éteindra pas le feu qui couve dans les basses strates de la société », commente Le Soir.

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