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Libye : L’europe critiquée par l’Amérique

le 11 juin 2011 à 11:42 

Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense, qui veut porter le coup de grâce au régime libyen avant de partir à la retraite d’ici la fin du mois, sermonne ses alliés européens.

Il leur demande deux choses : donner en urgence les moyens politiques et militaires à l’opération «Protecteur unifié» et gonfler le budget de défense, s’ils veulent sauver l’Otan d’un avenir sombre».

«Il est devenu douloureusement évident que des lacunes – en capacité et en volonté – ont le potentiel de compromettre la capacité de l’alliance à mener une campagne intégrée, efficace et durable dans les airs et sur mer», dit-il devant le Security and Defense Agenda, un centre de réflexion bruxellois, après une rencontre de deux jours avec ses homologues de l’Otan. Pour Gates, il est «inacceptable» que l’Otan continue à fonctionner à «deux vitesses» en Libye. Sur les 28 membres, 8 seulement participent aux frappes aériennes. Les 20 autres ? Certains participent à des opérations humanitaires. D’autres comme la Norvège songent mettre fin à leur participation. Le secrétaire d’Etat déplore un autre fait : les dépenses militaires de l’alliance.

Les Etats-Unis qui supportent à eux seuls 75% pourraient se montrer réticents à dépenser des fonds de plus en plus précieux pour le compte de nations qui ne sont pas disposées à «faire les changements nécessaires pour être des partenaires sérieux et compétents dans le domaine de leur propre défense», dit-il regrettant qu’onze semaines seulement après le début de l’opération, certains alliés commencent à manquer de munitions et à «exiger que les Etats-Unis compensent la différence».

Il demande à l’Espagne, la Turquie, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Pologne de participer à la lutte contre le régime de Kadhafi qui refuse de plier. Même si «ses jours sont comptés», selon Hillary Clinton qui prépare l’après-Kadhafi avec certains «proches» du leader libyen qui offrent le «potentiel pour une transition». Dont probablement un oubli des 30 milliards de dollars gelés sur des comptes américains.

Moscou et Addis-Abeba tournent le dos à Tripoli

Mikhaïl Marguelov, le représentant spécial du président russe, qui a rencontré mercredi au Caire Ahmed Kadhafi al-Dam, un cousin et collaborateur du leader libyen au lendemain d’une mission de médiation à Benghazi, se rendra dès l’obtention d’une autorisation de vol et un échange avec l’ambassadeur américain à Moscou, John Beyrle ; à Tripoli pour présenter une «feuille de route» pour une sortie de crise, au Premier ministre libyen, Baghdadi Al-Mahmoudi et à son ministre des Affaires étrangères, Abdelatif al-Obeïdi. Dans cette feuille de route, «l’ouverture du CNT à toute solution pour l’avenir de Kadhafi, sauf une : ni lui, ni les membres de sa famille ne pourront faire de politique en Libye, ni ne pourront occuper un poste administratif».

«J’ai l’impression que le CNT est prêt au dialogue», dit-il. Une disponibilité que Ban Ki-moon entend fructifier le 15 de ce mois, lors de sa réunion avec une délégation ministérielle de l’Union africaine. D’autant que le Front de cette médiatrice qui a proposé une «feuille de route» prévoyant un cessez-le-feu et l’instauration d’une période de transition, se lézarde. Mohamed Ould Abdel Aziz, le président du panel, estime que «Kadhafi ne peut plus diriger la Libye».

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