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Côte d’Ivoire: « Ne me tuez pas ! » lance Laurent Gbagbo

le 12 avril 2011 à 16:08 

Ce sont les premiers mots qu’a prononcés, selon un témoin, l’ex-Président ivoirien Laurent Gbagbo quand ses tombeurs sont venus le chercher, hier, à sa résidence d’Abidjan.

«On a jeté des gaz lacrymogènes dans la maison et puis le commandant Vetcho (l’un des chefs militaires FRCI) est rentré (…) Quand il s’est retrouvé face à Gbagbo, devant son bureau, la première phrase que Gbagbo a prononcée a été : ‘’Ne me tuez pas’’», affirme, selon l’AFP, un des combattants ayant procédé à l’arrestation de Gbagbo .

«Ils lui ont fait porter un gilet pare-balles et puis le commandant Vetcho, le commandant Wattao, Chérif Ousmane, Morou Ouattara (trois autres chefs FRCI) ont formé un blocus pour le protéger parce que certains de nos éléments voulaient en finir avec lui tout de suite (…) On l’a mis dans un 4×4 de Wattao, à l’arrière, et on l’a conduit directement au Golf Hôtel, le quartier général du camp Ouattara dans le même quartier de Cocody (nord)», a indiqué ce témoin. «On l’a fait entrer discrètement dans l’hôtel. Il était protégé par des éléments de la sécurité des FRCI et des gendarmes de l’ONU», a dit un autre témoin.

«J’ai vu son épouse Simone arriver dans le hall, elle portait une longue robe. Les gars de la sécurité des FRCI essayaient de la protéger de la foule qui tentait de la frapper. Malgré cela, certains ont réussi à lui donner quelques coups, lui tirer les cheveux. On entendait les gens l’insulter, la traiter de sorcière, guenon, escadron de la mort», a-t-il dit. Selon le combattant pro-Ouattara, «les gens lui ont arraché son foulard, l’ont déchiré, ils disaient qu’ils allaient garder ça en souvenir». L’ex-homme fort d’Abidjan et sa femme ont été placés dans une suite et leurs proches dans d’autres pièces, a-t-il précisé. «Il y a des soldats onusiens et des FRCI pour sécuriser tout ce monde».

La télévision TCI, symbole du camp Ouattara, diffusait hier en boucle des images aussitôt historiques, aux airs de catharsis pour une bonne moitié du pays : celles d’un Laurent Gbagbo K.-O. dans sa suite, assis sur un lit. Des photographies montrent, à l’autre bout du lit, son épouse hirsute, hagarde et prostrée, les yeux clos. Cette fervente chrétienne évangélique a l’air plongée dans ses prières. Après la chute, l’ancien numéro un est un sexagénaire épuisé et bedonnant, en sueur et en maillot de corps, entouré de FRCI, de son fils Michel, un métis né d’un premier mariage avec une Française, qui vient juste d’échapper aussi à un lynchage, du ministre de l’Intérieur de M. Ouattara, Hamed Bakayoko, et de Wattao. Dernière humiliation : l’un des hommes l’aide à retirer sa chemise, son fils lui tend une serviette blanche avec laquelle il s’éponge le visage, ainsi que les aisselles, puis on l’aide à enfiler une autre chemise.

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