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Le voile intégral, c’est fini en France!

le 12 avril 2011 à 12:32 

Au premier jour d’application de la loi sur le voile intégral en France, des sceptiques, à leur tête les policiers, pensent qu’elle sera difficilement applicable.

D’autres, des extrémistes qui se sont mobilisés dès hier en manifestant à Paris, ont appelé leurs troupes à planter un drapeau d’Al Qaïda pour manifester leur refus de cette loi et appeler à la désobéissance civile. Il est clair que cette loi – nécessaire toutefois – est venue au mauvais moment et les motivations premières de ses initiateurs ne sont pas très avouables.

Hier, lundi, est entrée en vigueur, en France, la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage avec un voile, une cagoule ou un masque dans les lieux publics. Le champ d’exercice de cette loi s’étend à la rue, aux jardins publics, aux gares, aux commerces, aux restaurants, aux théâtres, aux salles de cinéma, aux transports collectifs et locaux associatifs ou d’entreprise dédiés au public.

En fait, et autant dire, le voile intégral est banni de quasiment tous les espaces publics français. Depuis hier, les femmes qui porteront le voile intégral dans ces lieux sont passibles d’une amende de 150 euros et/ou d’un stage de citoyenneté. Dans le cas de refus de se prêter à un contrôle, les conséquences de ce refus lui seront exposées et si la femme voilée persiste, elle se verra conduite dans les locaux de police ou de gendarmerie aux fins de contrôler son identité. Une autre infraction vise les époux des femmes voilées qui auraient forcé leur compagne «par menace, violence, contrainte, abus d’autorité ou abus de pouvoir» à porter le voile.

Dans ce cas précis, l’époux est passible d’un an d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Si la compagne contrainte est mineure, le compagnon verra sa peine doubler. Pour faire appliquer ces nouvelles dispositions de loi, le gouvernement s’est fendu de deux circulaires. D’abord celle de François Fillon, le Premier ministre, qui, le 3 mars dernier, y réaffirmait «solennellement les valeurs de la République et les exigences du vivre-ensemble». Fillon explique dans ce document que le voile intégral «place les personnes concernées dans une situation d’exclusion et d’infériorité incompatible avec les principes de liberté, d’égalité et de dignité humaine affirmés par la République française».

Cette circulaire a été accompagnée d’une campagne d’affiches avec le slogan : «La République se vit à visage découvert». Quant à la deuxième circulaire, elle émane du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant (celui qui trouve qu’il y a trop de musulmans en France et qui ne supporte même plus l’immigration légale) qui y adresse ses instructions aux préfets et aux forces de sécurité pour faire appliquer cette nouvelle loi «en évitant tout dérapage» et là, ce ministre sait de quoi il parle. Fallait-il une loi pour contraindre les 2 000 femmes qui porteraient le voile intégral en France ? Sûrement oui, mais cette loi qui aurait pu protéger des ravages que font les intégristes vis-à-vis de la femme qui ne la conçoivent qu’enfermée et assujettie à son homme, est promulguée dans un contexte de rejet de tout ce qui est musulman, d’attaques quotidiennes contre tous ceux qui ne sont pas, comme le proclame Sarkozy, de culture judéo-chrétienne, piétinant au passage le principe de laïcité qui a fait, depuis 1905, le vivre-ensemble propre à l’Hexagone.

On doute d’autant plus de l’opportunité de cette loi que toutes les mesures prises dans ce cadre par le pouvoir actuel le sont pour capter les voix de l’extrême droite par un pouvoir en place en déclin. Les islamistes musulmans — il en existe et l’Etat les a laissé faire des décennies durant — ont bien compris et s’engouffrent actuellement dans la brèche ouverte ô combien bénéfique pour leur propagande. Depuis samedi, ils crient à la stigmatisation des musulmans et ne manquent pas d’arguments pour ce faire. L’on a même vu hier matin, un certain Rachid Nekkaz, qui se dit homme d’affaires, candidat aux primaires socialistes et président de l’association «Touche pas à ma constitution», inciter les femmes portant le voile intégral à la désobéissance civile et s’engager à payer lui-même les 150 euros de chaque voilée qui refuserait d’enlever son voile. Beaucoup de personnes s’interrogent, par ailleurs, de savoir si Sarkozy et ses services iraient jusqu’à faire appliquer la loi à toutes princesses voilées qui viennent des royautés pétrolières faire leur shopping dans les grandes enseignes de luxe françaises.

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Une réponse à “Le voile intégral, c’est fini en France!”

  1. Legifrance 12 avril 2011 18:39

    Pour info, à l’attention de Nekkaz :

    Article 121-7 du Code pénal

    Est complice d’un crime ou d’un délit la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en a facilité la préparation ou la consommation.

    Est également complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre.

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