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Maroc : Les jeunes du 20 février sur les traces des tunisiens ?

le 12 juin 2011 à 23:34 

Le mouvement du «20 février» qui réclame des réformes politiques «profondes» au Maroc, prend de l’ampleur. Pour la énième fois, son appel à l’organisation des marches, des manifestations et des sit-in pour dénoncer la corruption et l’amélioration des conditions sociales de la population, a été entendu dans plusieurs villes du Royaume.

Même s’il fut lancé après la remise au Roi du projet de réforme de l’actuelle Constitution et tout au plus quelques jours avant un discours de Mohamed VI où il annoncerait la date du référendum, probablement début juillet prochain.

Au grand dam des jeunes du mouvement «pacifique et ouvert» du 20 février et de l’opposition démocratique, les articles 19 et 23 de l’actuelle loi qui consacre la dimension religieuse du Roi en tant que «commandeur des croyants» et en qualité de «personne sacrée» et «source de législation» n’ont pas été touchés. La réduction de certaines prérogatives du Roi au profit du Premier ministre qui deviendrait «président du gouvernement» avec possibilité de participer à la désignation de ministres, d’ambassadeurs et de hauts fonctionnaires de l’Etat, ne semble pas convaincre grand monde, car le monarque gardera, in fine, la direction du conseil des ministres.

Le Roi a-t-il décidé d’ignorer les revendications politiques «du 20 février» : instauration d’une «véritable» monarchie parlementaire dans laquelle le Roi règne, mais ne gouverne pas, un gouvernement issu de la majorité politique et responsable devant le parlement, l’indépendance de la justice conformément au principe de séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, la libération de tous les détenus et le jugement de tous les responsables de dilapidation des biens publics ? «Oui» à voir les dernières interventions des services de sécurité pour disperser les manifestants et les «préoccupations» d’Amnesty international et de Commission européenne sous prétexte qu’ils sont manipulés par les islamistes et les gauchistes. Ce mouvement, qui a pris acte le 9 mars dernier, de l’intention de Mohammed VI de consacrer, dans la foulée de la révolution tunisienne, le principe de la séparation des pouvoirs, semble avoir saisi que le Roi n’a pas cédé comme le prétendent ses conseillers «60% de ses pouvoirs à la primature» dès lors qu’il gardera le pouvoir religieux, militaire sécuritaire, à travers le Conseil de sécurité et qu’on reste dans la logique d’un souverain signifiant à ses sujets : «C’est moi qui fais le projet de société et c’est vous qui êtes en concurrence pour l’exécuter». Un «printemps marocain» à l’horizon ? Les élites politiques du Royaume sont inquiètes. Surtout quand celles-ci rappellent que le pays a aussi ‘’sa’’ famille Ben Ali et Trabelsi.

Comme la tunisienne, la famille royale chérifienne est partout. Notamment dans l’éolien, les banques, la grande distribution, le tourisme, les nouvelles technologies, la téléphonie mobile, etc. Autre bombe à retardement, les indicateurs sociaux. Ils sont tous ou presque au rouge. Le chômage avoisine les 40 % et le revenu par tête culmine à hauteur de la moitié de celui de la Tunisie qui est déjà mal loti. Les jours à venir seront décisifs pour l’avenir du Maroc où les jeunes refusent globalement et dans le détail une constitution programmée pour embellir la façade d’une monarchie qui, pour soigner son «exception», s’apprête à normaliser «gratuitement» avec Israël. Sur les 20 «maîtres en danse orientale qui participent à la 2e édition du Festival international de danse orientale qui se tient à Marrakech jusqu’à aujourd’hui deux sont Israéliens.

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9 Réponses à “Maroc : Les jeunes du 20 février sur les traces des tunisiens ?”

  1. H-B 14 juin 2011 23:25

    Yanis, je vous donne des chiffres publiés par le journal jeune afrique au 31 décembre 2010. Ces chiffres sont en $US.

    Voici le lien : http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2606p076-77.xml1/

    Cet article se base sur un rapport de l’Organisation Internationale du Travail sur les salaires en Afrique pour 2010-2011.

    Cette page n’est pas ma source d’information lorsque j’ai posté mon commentaire hier.

    Comme vous pouvez le voir cette nouvelle source donne les chiffres suivants :

    Algérie : 308 $US = 213 € (cours de change aujourd’hui)
    Tunisie : 315 $US = 218 €
    Maroc : 371 $US = 256 €

    Ces chiffres sont remis en cause par 2 des 3 commentaires laissés par des internautes.

    Le premier (Tunisien) qui parle d’un salaire minimum à 200 $US soit environ 140 € et le deuxième commentaire (Algérien) du mois de mars parle d’un salaire minimum à 150 €. De plus, il y a longtemps que ce salaire minimum au Maroc est au dessus des 200 €. Ce qui nous ramène aux chiffres que je donnais hier.

    J’ajoute que cette comparaison serait incomplète sans parler du coût de la vie dans chacun de ces pays.

  2. yanis 14 juin 2011 20:52

    H-B tu te trompe TUNISIE 280 EUROS MAROC 140 EUROS ALGERIE 210 EUROS salaire mensuel…….. source sur , tinkiète pa la revolution marocaine et algerienne va bientot arriver……….

  3. H-B 13 juin 2011 15:03

    Il faut éviter d’avancer des contre-vérités pour des informations. A ma connaissance le salaire minimum garanti est à quelques euro près est le suivant.

    Tunisie : 120 €
    Algérie : 150 €
    Maroc : 220 €

    Alors ne confondez pas pays et population.

  4. Laurent 13 juin 2011 12:37

    Entendu et vu dans les manifs :

    –  » on veut du travail !  »
    –  » quel travail ?  »
    –  » on veut des postes de fonctionnaires !  »

    Ah bon ? Fonctionnaire, c’est un travail ? C’est tellement un travail que  » quand ils font grève, ils appellent ça une journée d’action « , disait Coluche…

    Alors oui, bougez vous les jeunes, créez votre propre activité, formez vous en permanence, mais n’attendez pas que l’on vous donne du travail : dans le monde entier, on supprime les postes de fonctionnaires justement. Et rappelez vous que plus de fonctionnaires, c’est plus d’impôts, et que dans un pays où la fraude fiscale est un sport national, on ne peut pas dire – pour ceux qui rêvent de devenir fonctionnaire – que vous ayez le sens de l’histoire…

  5. Hello 13 juin 2011 09:50

    Il ne faut pas oublier que la misère est très élevée au maroc en comparant avec les autres pays du maghreb, le maroc est l’un des pays ou il y’a le plus de pauvre

  6. sami 13 juin 2011 09:36

    lemaroc va tous droit a la catastrophe cest le pays ou le revenue est le plus faible aux maghrebes la revolutions est proche m6 est ces ministres sont des voleur le peuples marocains vie tres miserablement le maroc est en va mal regarder la tunisie sont economie est bien melieur que la notre ca a etait quand meme la revolutions le maroc sattend a des jours difficile!!!!!!!

  7. kARIM 13 juin 2011 08:39

    C’est pas sérieux comme article: la présence de deux danseurs israéliens ne veut rien dire et prétendre que le Maroc s’apprête à normaliser ses relations avec Israël est une affirmation gratuite.
    Le taux de chômage n’est pas de 40%; au contraire, c’est l’un des plus bas de la région!!

  8. Ahm 13 juin 2011 05:09

    7000 manifestants à casablanca la plus grande ville du Maroc pays qui compte 34millions d’habitants… Après on veut nous faire croire à une révolution à la tunisienne…. C’est vrai que le ridicule ne tue pas…

  9. redboul 13 juin 2011 01:07

    Le Maroc n’est pas la Tunisie et le Roi a une légitimité et le mouvement de 20 fev ne représente pas la population ni les jeunes le Maroc restera a tout jamais une monarchie peut être parlementaire mais une monarchie avant tout comme cela est depuis plus de 12 siècles .

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