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Air Algérie en grève : C’est la vrai pagaille dans les aéroports !

le 12 juillet 2011 à 15:15 

A l’aéroport d’Alger, c’est la pagaille. La décision de grève prise dans la nuit de dimanche à lundi a surpris les voyageurs. Assis sur les sièges ou affalés sur leurs bagages dans le hall de l’aéroport, les voyageurs attendaient inlassablement, certains énervés ne savaient plus ou donner de la tête.

«Où ça grève ! Aucune annonce n’a été faite ? Ni à la télévision, ni à la radio, ni ici même à l’aéroport !», s’indigne un jeune cadre qui devait se déplacer à Oran.

Plus loin, une quadragénaire qui devait se rendre à Constantine avait du mal à contenir sa colère. «J’ai lu sur internet qu’il y aura des perturbations, j’ai appelé un numéro vert mis à la disposition des clients, on m’a indiqué qu’aucun vol n’a été annulé. Une fois sur place, eh bien mon avion n’a pas encore décollé ! Je dois attendre. On m’a dit dans l’après-midi, je n’ai pas le choix.» Les clients continuaient d’affluer et se dispersaient dans l’aéroport dans l’espoir de se renseigner. Mission difficile puisque les écrans d’affichage n’annoncent rien. Anarchie et désorganisation. Sur le site de la compagnie ou celui de l’aéroport, aucun moyen de s’informer.

Les négociations n’ont pas abouti

Les discussions, entamées depuis presque trois semaines avec la direction générale de la compagnie nationale, n’ont pas abouti. Le personnel navigant a décidé de reprendre hier sa grève nationale et illimitée. Hier, les vols de l’unique compagnie nationale ont été fortement perturbés. Tous les vols nationaux ont été annulés, cinq vols internationaux seulement ont pu décoller grâce à l’encadrement des responsables, apprend-on sur place. Rassemblé au niveau des opérations aériennes, le personnel navigant d’Air Algérie (hôtesses d’accueil, stewards, chefs de cabine et chefs de cabine principaux) ne cache pas sa colère. C’est le ras-le-bol. «Nous avons trop attendu, c’est trop !», «nous en avons marre», «nous avons donné un délai de trois semaines et nous ne voyons rien venir», disent les protestataires qui précisent que leur mouvement n’est encadré par aucun syndicat.

La revalorisation du salaire, la réorganisation du régime de travail et l’amélioration des conditions socioprofessionnelles sont leurs principales revendications. «A Oran, nos collègues ont reçu des réquisitions pour décoller, c’est-à-dire une obligation établie par les autorités pour effectuer des vols. C’est une menace pour effectuer des vols commerciaux ! Nous recevons des réquisitions quand il s’agit de vol sanitaire ou pétrolier», témoigne un jeune employé, qui ajoute que les aéroports du sud, régions pétrolières, n’ont pas été pénalisés par la grève.

«Nous ne voulons pas casser notre économie. Nous réclamons juste nos droits.» Entamées depuis trois semaines, après le gel de la première grève, les négociations se sont soldées par un désaccord. Le changement du président-directeur général d’Air Algérie n’a pas fait évoluer les discussions avec l’administration. «L’ancien président-directeur général s’était engagé à répondre favorablement à nos revendications. Le Pdg a, certes, été changé mais nous discutons toujours avec la même direction, avec les mêmes personnes.» La dernière réunion avec la direction s’est achevée dimanche vers 20h30.

«La direction nous a annoncé que c’était négatif. Aucune des revendications ne sera satisfaite. Dans la même soirée, nous avons tenu une assemblée générale et vers 4h du matin, la base a décidé de reprendre la grève», raconte un jeune steward. En juin, le personnel navigant avait observé un débrayage paralysant ainsi l’aéroport d’Alger, il a été suspendu dans l’après-midi. Quelques jours plus tard, Wahid Bouabdallah, alors à la tête de la compagnie, a été limogé et remplacé par Mohamed-Salah Boultif. Récemment, la direction générale de la compagnie aérienne a annoncé une hausse de 20 % des salaires de tout le personnel, environ 9 800 employés, une mesure appliquée dès le mois de juillet. Une initiative qui n’a pas absorbé la colère du personnel navigant qui estime qu’il ne demande pas une augmentation des salaires mais exige plutôt une revalorisation salariale.

«Nous sommes considérés comme un personnel au sol alors que nous sommes un personnel navigant. Le travail de nuit ou durant les jours fériés et les week-ends est majoré comme un travail ordinaire, ce n’est pas normal !», affirme-t-on. Les protestataires réclament un statut de personnel navigant spécifique comme le statut du personnel technique navigant (pilotes) et qui serait en mesure de prendre en charge toutes leurs revendications. Le personnel navigant ne compte pas arrêter son mouvement si «des décisions écrites et concrètes» ne sont pas prises, apprend-on.

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