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Tourisme : Les Algériens boudent la Tunisie

le 12 juillet 2011 à 21:56 

Les Algériens ont choisi cette année d’autres destinations que la Tunisie pour passer leurs vacances. Le secteur du tourisme tunisien souffre d’une crise jamais vécue auparavant. En effet, un calme inhabituel règne au niveau des frontières algéro-tunisiennes.

D’habitude, cet accès frontalier connait en cette période de l’année une activité intense à la faveur de nombreux algériens qui se rendent en Tunisie pour des vacances ou pour des raisons commerciales. A l’exception de quelques passagers qui traversent la bande frontalière en partance ou en provenance de l’Algérie, cette année, les Algériens ont choisi d’autres destinations pour passer leurs vacances, le secteur du tourisme tunisien souffrant d’une crise jamais vécue auparavant.

Une crise qui a pour conséquence une baisse de 50% des activités touristiques, Selon M. Habib Ammar, directeur général de l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT), qui a souligné que le secteur du tourisme en Tunisie connaissait la crise «la plus sévère jamais connue dans l’histoire du pays», en ce sens que les recettes touristiques et les nuitées ont enregistré au 10 juin 2011, respectivement, un recul de 51% et de 55,3%. A ce propos, le commissaire de police tunisien au centre frontalier «Mloula Oum Tbal», M. Choukri Arfaoui, a indiqué dans une déclaration que «toutes les mesures nécessaires ont été prises par les services du ministère de l’Intérieur de son pays pour accueillir les touristes algériens dans de bonnes conditions». Des guichets supplémentaires ont été ouverts et les centres frontaliers dotés d’équipements administratifs modernes, a-t-il précisé, ajoutant que les troupes de police et de gendarmerie ont été renforcées par des éléments supplémentaires afin de «faciliter» les opérations de transit des passagers.

Il a rappelé dans ce sens que l’entrée des citoyens algériens en Tunisie nécessitait seulement un passeport valide et que la durée légale de séjour touristique pour les touristes algériens en Tunisie était désormais passée de trois à quatre mois, ajoutant que les services de tourisme avaient ouverts un service au niveau de ce centre frontalier en vue de donner des orientations et des conseils aux touristes algériens. Selon le responsable sécuritaire tunisien, le nombre de touristes algériens a régressé de 50% par rapport à la même période 2010 et que le taux des passagers algériens vers la Tunisie enregistre actuellement prés de 1000 passagers par jour contre 2500 passagers par jour l’année passée. Les raisons de ce recul sont dues aux rumeurs qui courent à propos de viols, de vols et d’attaques corporelles dont auraient été victimes des citoyens algériens en Tunisie, estime le même responsable qui dément «catégoriquement» ces rumeurs.

Le commissaire de police tunisien au centre frontalier a tenu à souligner à ce propos qu’»aucune plainte» de citoyens algériens n’a été enregistrée auprès des services de sécurité, rappelant que des mesures sécuritaires «rigoureuses» ont été prises au niveau de toutes les infrastructures touristiques tunisiennes afin de garantir un agréable séjour aux touristes, toutes nationalités confondues.

Prés de la bande frontalière, un couple algérien de jeunes mariés qui viennent de passer leur lune de miel en Tunisie affirment en réponse à une question sur les conditions sécuritaires qu’ils «n’ont à aucun moment été inquiétés ou agressés» durant tout leur séjour en Tunisie. M. et Mme Kouidri de Kouba «se sont félicités de l’accueil chaleureux» qui leur a été réservé durant leur séjour dans ce pays soulignant qu’ils comptent revenir car les prix des hôtels, de la restauration et des loisirs restent raisonnables.

Frontières «fictives»

Pour Moncef, les liens existant entre les deux peuples sont plus forts que ces frontières «fictives» héritées du colonialisme . Pour ce marchand qui ne cache pas son optimisme, la conjoncture que traverse la Tunisie n’est «que passagère».

Avec beaucoup d’amertume , Mohamed, propriétaire d’un restaurant à Tabarka, évoque le recul du nombre de touristes algériens qui affluaient sur cette ville balnéaire situé à une dizaine de kilomètres de la frontière. Mohamed rappelle que son restaurant, «le Barberousse» fut un relais pour les routiers et un carrefour où se croisaient les estivants algériens autour d’une cuisine aux saveurs marines. Sur le chemin du retour, Djalloul et Farouk qui préfèrent des vacances en Tunisie pour des raisons «économiques», se sont dits très satisfaits de leur séjour en Tunisie. Pour ces deux jeunes d’Annaba, aucun désagrément ou provocation n’a été enregistré durant leur séjour. Amine, un autre annabi habitué cette destination depuis 2003, estime quant à lui que les frais des vacances sont plus raisonnables en Algérie mais il préfère la Tunisie qui dispose d’infrastructures d’accueil plus avantageuses.

Rencontré dans un café de Tabarka, Adel, un jeune tunisien donne sa version sur cette régression des touristes algériens. Pour lui, «des partisans de l’ancien système tentent de semer la panique et faire circuler des rumeurs pour faire échouer la saison estivale et compromettre les acquis de la révolution». Quant à Sabri, un jeune algérien issue d’une famille ayant paerticipé à la guerre de libération tout au long de la bande frontalière, visiter la Tunisie est une devenue une coutume d’autant plus, a-t-il soutenu, que les deux pays partagent un destin commun.

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