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Les enfants placés, ne s’en sortent pas si mal

le 12 octobre 2017 à 12:21 

Il est bon de s’attarder sur les résultats de certaines enquêtes. Les chiffres précis tempèrent souvent des visions particulièrement subjectives que l’on a de certaines choses. Souvent, ils tordent aussi le cou à des stéréotypes dépassés, mais résistants. D’après une étude, près de la moitié des enfants placés décrochent leur bac, et 10 % poursuivent des études supérieures lorsqu’ils sont accompagnés jusqu’à leurs 21 ans.

C’est une des données, que révèle le deuxième volet de l’étude longitudinale sur l’automisation des jeunes après un placement (Elap). Cette étude a concerné 756 jeunes placés dans sept départements après leur sortie de l’ASE, entre 2013 et 2017. Il en ressort, que ces jeunes placés par l’aide sociale à l’enfance n’ont pas de si mauvais résultats scolaires quand ils sont accompagnés jusqu’à leurs 21 ans.

D’après cette enquête menée par l’Ined et le CNRS, seuls 8 % de ces jeunes se retrouvent à la rue un an après leur sortie de l’ASE, c’est un chiffre hélas supérieur à la moyenne nationale. Cependant, il coupe court aux estimations fantaisistes, qui montent parfois à 40 %, basée sur le « pifomètre » et surtout au service de certaines idéologies.

Les temps changent, et les dénominations aussi. Isabelle Frechon, l’une des coauteures de l’étude explique dans le journal La Croix, « les jeunes issus de l’ASE sont souvent sans domicile au sens de l’Insee, ce qui signifie qu’ils n’ont pas de logement à eux et sont hébergés ou pris en charge par des associations. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils vivent dehors ».

Concernant les études, il semblerait que jusqu’au niveau du bac, les chiffres restent dans la norme nationale, car près de la moitié des jeunes placés, qui ont bénéficié du Contrat Jeune Majeur (CMJ) et qui leur prolonge l’aide financière et éducative jusqu’à ce qu’ils aient 21 ans, décrochent leur bac. On retrouve un pourcentage de 45 % d’obtention du bac, largement similaire aux 39 % pour les enfants d’employés ou d’ouvriers.

C’est après que les choses varient, en effet, ils ne sont que 10 % d’entre eux à poursuivre des études supérieures, contre 21 % pour les seconds. Une des raisons est assez simple, les CMJ ne sont accordés qu’aux plus motivés des enfants placés, ayant un projet d’études supérieures. Cela concerne, 21 800 jeunes, soit 1 % des jeunes placés.

Des résultats à mettre en perspective et des résultats à faire connaître au moment où de nombreux crédits au niveau des régions et des départements disparaissent.

Après tout, l’éducation des enfants n’est-elle pas une des tâches les plus importantes d’une société organisée et d’un gouvernement ? Surtout, concernant l’éducation, on ne peut pas évoquer comme souvent les directives européennes, car l’éducation est un domaine qui reste du ressort direct des pays.

Crédit photo : .urbanman

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