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Côte d’Ivoire: entre joie et attentes d’un démarrage nouveau

le 13 avril 2011 à 12:28 

La Côte d’Ivoire devra relever de nouveaux défis notamment ceux de la réconciliation nationale et du redémarrage économique, après dix ans de présidence de Laurent Gbagbo dont l’arrestation a suscité un soulagement dans le pays et ailleurs.

Après l’annonce de son arrestation lundi dans sa résidence à Abidjan par les forces de son rival, le président élu Alassane Ouattara, des scènes de joie ont été enregistrées dans plusieurs villes du pays, alors que de nombreuses chancelleries, notamment occidentales ont salué la fin d’une crise « qui a trop duré ».

Pour le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, il s’agit de la fin d’un « chapitre malheureux qui n’aurait jamais dû exister ». « Je vais parler avec le président Ouattara », la question étant de savoir « comment les Nations unies et le gouvernement de Côte d’Ivoire peuvent travailler ensemble pour s’occuper des problèmes que nous aurons à l’avenir », a souligné Ban Ki-moon.

Le président américain Barack Obama s’est, quant à lui, félicité de l’arrestation de Gbagbo, en qualifiant ce dénouement de la crise politique ivoirienne de « victoire pour la volonté démocratique du peuple ivoirien ». « Les Etats-Unis saluent le tournant décisif des évènements en Côte d’Ivoire alors que les prétentions illégitimes pour le pouvoir de l’ancien président Laurent Gbagbo touchent à leur fin », a déclaré M. Obama.

Selon le président américain, ce dénouement représente « une victoire pour la volonté démocratique du peuple ivoirien, qui a souffert pendant trop longtemps de l’instabilité » après l’élection présidentielle de novembre dernier. Obama a également appelé l’ensemble des milices armées en Côte d’Ivoire à déposer les armes et reconnaitre une seule « force militaire inclusive qui protège l’ensemble des citoyens sous l’autorité du président Ouattara ».

Le France, engagée sur le sol ivoirien avec sa force « Licorne », a qualifié la chute du régime de Gbagbo de « bonne nouvelle » et s’est félicitée de la résolution de la crise ivoirienne. « La chute du président sortant, c’est une bonne nouvelle, d’abord pour les Ivoiriens et les Ivoiriennes eux-mêmes parce qu’ils vont sortir de la spirale de guerre civile dont Gbagbo porte la responsabilité », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

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Selon les observateurs, la fin du règne Gbagbo ne signifie pas pour autant la fin de la crise en Côte d’Ivoire, car beaucoup de choses restent à faire et de nombreux obstacles à surmonter pour le nouveau président Ouattara qui doit avant tout réconcilier les Ivoiriens entre eux notamment après les informations faisant état de massacres dans plusieurs régions du pays.

Lors de son discours télévisé retransmis lundi, Alassane Ouattara a réitéré sa « volonté » de créer une « commission vérité et réconciliation » pour faire la lumière sur les violations des droits de l’homme. Cette question a été soulevée par le secrétaire général de l’ONU qui a appelé à éviter un nouveau « bain de sang » et des représailles à l’encontre des partisans du président sortant.

Selon le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, Quelque 536 personnes ont été tuées dans des affrontements dans l’ouest du pays depuis fin mars dernier. Ces chiffres portent à au moins 800 morts depuis décembre 2010, début de la crise politique, jusqu’à la semaine dernière, d’après des statistiques de l’ONU.

Outre l’ouest du pays, Abidjan, la capitale économique, a été le théâtre d’affrontements majeurs ces dernières semaines et est devenue une ville fantôme, a souligné le secrétaire général adjoint de l’ONU, Ivan Simonovic. Il a estimé à 150 le nombre de personnes tuées à Abidjan par des tirs d’armes lourdes utilisées par le camp de l’ancien président Gbagbo.

Pour faire la lumière sur des « allégations de violations » depuis l’élection présidentielle de novembre 2010, remportée par Ouattara, une commission d’enquête a été mise sur pied mardi par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Cette commission est composée de trois experts, chargés d' »enquêter sur les allégations de violations des droits de l’homme commises en Côte d’Ivoire », selon le porte-parole du Conseil, Cédric Sapey.

Se pose également la question des milliers réfugiés ivoiriens qui ont fui les zones de combats. Afin de fournir une aide d’urgence à ces déplacés l’Organisation internationale des migrations (OIM) a lancé mardi à Rome un appel demandant 41,6 millions de dollars. L’OIM demande également du financement « en vue de fournir une aide au retour à plus de 200 000 migrants bloqués originaires du Burkina Faso, du Ghana, de Guinée, du Mali, de Mauritanie, et du Sénégal, qui tentent de fuir la Côte-d’Ivoire. Outre le volet humanitaire, le nouveau président ivoirien doit également s’atteler à redresser l’économie ivoirienne exsangue par des années d’instabilité, en renforçant notamment la filière du cacao, l’une des principales ressources de devise pour le pays (premier producteur au monde).

M. Ouattara devra en particulier être le président de tous les Ivoiriens, réduire les déficits et lutter contre le chômage, dont le taux représente pas moins de 30% de la population.

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