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Libye: Washington se retire du groupe de contact

le 13 avril 2011 à 11:43 

Le Groupe de contact sur la Libye, un habitacle politique mis en place à Londres le 29 mars dernier par la vingtaine de pays pour piloter l’intervention militaire en Libye sous le couvert des Nations unies et avec comme bras armé l’Otan, se réunira aujourd’hui à Doha.

Fait nouveau : le Conseil national de transition libyen a été convié à la table du groupe pour s’exprimer. Dans la capitale britannique, il a eu droit à des entretiens bilatéraux avec plusieurs ministres et à la tenue, en marge des travaux, d’une conférence de presse. Au Qatar, même Moussa Koussa, l’ancien ministre libyen des Affaires étrangères, qui a, dans une déclaration à des médias, demandé à «toutes les parties d’éviter d’entraîner la Libye dans une guerre civile» en soulignant le risque que le pays devienne «une nouvelle Somalie», sera présent. C’est «pour témoigner de son expérience aux côtés du colonel Mouammar Kadhafi», explique le Foreign Office qui l’aurait convié à cette conférence au grand dam de Benghazi. Londres n’exclut pas de l’utiliser dans le règlement de la crise libyenne.

«C’est un proche de Kadhafi. Il pourrait proposer des solutions là où d’autres n’y sont pas parvenus», précise le Foreign Office. Les Libyens tenteront de convaincre les participants de leur fournir des armes. Même si la résolution 1970 l’interdit. «La communauté internationale, sauf à se déjuger, doit continuer à nous venir en aide, pas seulement grâce aux avions mais sous forme aussi d’équipements et d’armements. Nous demandons que l’on nous accorde le temps et les moyens de constituer une force qui tiendra en respect les mercenaires et les prétoriens du dictateur puis libérera nos villes. Nous ne demandons pas que l’on fasse la guerre en nos lieu et place. Nous ne demandons pas à des soldats étrangers de venir contenir l’ennemi. Nous n’attendons pas que les amis de la Libye libèrent notre pays pour nous», déclare le président du CNT, Mustafa Abdeljalil, laissant poindre une certaine inquiétude.

Celle de voir les «alliés» de Benghazi envisager une négociation avec Kadhafi. «Il serait injuste, il serait fatal, sous prétexte de cette faiblesse de départ, de vouloir nous sacrifier sur l’autel d’une paix presque sans conditions», ajoute-t-il. Paris et Londres ont évoqué, sans passer à l’acte, la possibilité de fournir des armes au CNT. Du moins officiellement. Les Américains qui n’ont pas trop confiance en le CNT dont les dirigeants ont tous pris le train de la rébellion en marche, semblent opter pour le wait and see. A la différence des Européens et des Arabes, ils n’ont pas délégué leurs ministres des Affaires étrangères. Ils seront représentés par William Burns, le directeur politique du département d’Etat assisté de Jeffrey Feltman, sous-secrétaire d’Etat américain les Affaires du Proche-Orient.

A Doha, les participants prendront connaissance du plan de paix turc. Cette feuille de route prévoit l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu, la création d’«espaces humanitaires sûrs» pour apporter de l’aide à la population et un «processus de réformes» pour préparer des «élections libres».

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